Épinal - « Meurtres à Épinal » fait entrer la cité des images dans la grande famille de France 3
- actuvosges88
- il y a 15 heures
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Dernière mise à jour : il y a 7 minutes
Épinal confirme, une nouvelle fois, son pouvoir d’attraction auprès des équipes de cinéma et de télévision. Après le tournage de Meurtres à Bussang au Théâtre du Peuple, un nouvel épisode de la célèbre collection policière de France 3 a choisi les Vosges comme décor. Depuis le 15 septembre et jusqu’au 9 octobre 2025, Épinal et plusieurs communes voisines ont vécu au rythme du tournage de Meurtres à Épinal, une enquête qui fait la part belle au patrimoine et aux légendes locales.

Thomas Griffet, Olivier Berclaz, Sabine Perraud, David Ferrier après la diffusion
La cité des Images au cœur de l’intrigue
Avec près de 4 à 5 millions de téléspectateurs par épisode, la collection Meurtres à… constitue l’un des rendez-vous populaires de France 3. Lancée en 2013, elle en est désormais à sa 13e saison, avec près d’une centaine d’épisodes réalisés à travers la France. Le concept reste immuable : une enquête criminelle, un territoire reconnaissable entre tous et une histoire locale suffisamment forte pour devenir l’un des ressorts du scénario.
Pour cet épisode vosgien, c’est l’Imagerie d’Épinal, institution emblématique de la ville, qui se retrouve au centre d’un crime particulièrement spectaculaire. Le site sera un personnage à part entière et a constitué naturellement le cœur du récit …
Un meurtre qui dévoile les endroits secrets de l’Imagerie
Le point de départ de l’intrigue ne laisse guère de place au doute : le directeur artistique de l’Imagerie est découvert sans vie, prisonnier d’une presse lithographique. Le crime est particulièrement macabre puisque le corps mutilé porte les stigmates d’un rituel qui semble soigneusement pensé par son auteur.
À proximité, le meurtrier a laissé une image d’Épinal appartenant à un triptyque, pièce centrale d’une exposition présentée au même moment dans l’établissement. Un indice qui va rapidement orienter les investigations vers l’histoire et les traditions de la cité des images.
L’enquête réunit deux policiers que tout semble opposer. Alice Fournier, capitaine de police à la PJ de Nancy, est originaire d’Épinal. Elle connaît intimement l’Imagerie, son père ayant dirigé l’établissement. Face à elle, Émile Cabat, commandant arrivé des douanes de Pointe-à-Pitre, a choisi de rejoindre la métropole pour se rapprocher de sa fille.
Leur collaboration ne s’annonce pas de tout repos. Personnalités, méthodes et parcours diffèrent radicalement. Pourtant, derrière les tensions, ils devront apprendre à fonctionner ensemble pour comprendre ce qui se cache derrière ce meurtre.

Patrick Sabatier change de costume
Pour incarner Émile Cabat, la production a fait un choix pour le moins original : Patrick Sabatier. À 73 ans, l’animateur de télévision s’aventure ici dans un exercice qu’il connaît beaucoup moins : celui du comédien principal dans une fiction policière.
Un véritable challenge pour celui qui a débuté à la télévision dans les années 1970.
Le passage du direct à la fiction lui a demandé un important travail de préparation. Habitué à l’improvisation, à la spontanéité et aux échanges avec le public, Patrick Sabatier a découvert une discipline radicalement différente, dans laquelle chaque mot et chaque intention doivent être maîtrisés.

La scène du pâté Lorrain (facebook de la Ville d’Épinal)
Il reconnaît d’ailleurs avoir longtemps hésité avant d'accepter le rôle. Après plusieurs réserves, il a finalement passé les essais, puis s’est plongé durant tout l’été dans l’apprentissage du personnage et de ses dialogues.
Une expérience qui lui a notamment fait prendre conscience du temps écoulé depuis ses débuts : « Je me suis rendu compte que ça faisait quarante-cinq ans que je n’avais pas appris un texte par cœur. »
Le réalisateur David Ferrier a expliqué que le choix de Patrick Sabatier relevait d’une volonté d’apporter un élément de surprise au casting. Le producteur (Sébastien Bouilloux) souhaitait en effet sortir des habitudes en confiant un rôle important à une personnalité davantage identifiée au monde de la télévision qu'à celui de la fiction.
Le réalisateur a rapidement été convaincu par le comédien :

David Ferrier, le réalisateur
« L’idée du producteur était d’apporter quelque chose d’original au casting, en faisant appel à des personnalités qui ne viennent pas forcément du milieu de la fiction. Patrick correspondait parfaitement à cette envie. Et finalement, il a été une très belle découverte. Il s’est investi avec beaucoup d’humilité et une véritable volonté de bien faire, ce qui a été particulièrement appréciable sur le tournage. »
Sabine Perraud dans un registre plus musclé
Face à lui, Sabine Perraud campe Alice Fournier, une capitaine de police au caractère particulièrement affirmé. Une partition assez éloignée de l’image que le public peut avoir de la comédienne, notamment grâce à son personnage de Constance Teyssier dans Ici tout commence.

Sabine Perraud
Pour cette fiction, l’actrice devait adopter une attitude plus sèche, nerveuse et parfois franchement agressive.
Une transformation qu’elle a visiblement appréciée et qui lui a demandé de modifier son énergie de jeu.
« C’était effectivement un personnage beaucoup plus nerveux. Je devais être davantage dans l’agressivité, avec un côté plus dur. J’ai également dû apprendre à manier un couteau avec suffisamment de précision pour que cela paraisse naturel sans évidemment me blesser.»
Une intensité qui ne s’est d’ailleurs pas arrêtée aux plateaux de tournage. La comédienne se produisait parallèlement au théâtre et reconnaît avoir parfois conservé cette nervosité de son personnage en dehors des scènes :
« À cette période, je jouais aussi au théâtre. Lorsque je quittais Épinal pour aller retrouver les planches, j’avais encore cette énergie de capitaine, très tendue et agressive. Il m’est arrivé plusieurs fois qu’on me dise : “Sophie… Redescends, calme, sois plus zen !” (rires) »
Et lorsqu’on lui a demandé ce qu’elle a retenu de son passage terre spinalienne, elle a répondu spontanément :
« Ces vingt jours de tournage ont été une très belle expérience. Nous avons reçu un accueil formidable et beaucoup de bienveillance, ce qui rend le travail particulièrement agréable. Épinal et les environs sont vraiment magnifiques. J’aurais aimé pouvoir davantage découvrir la région, mais le rythme du tournage ne nous en a malheureusement pas beaucoup laissé le temps. En revanche, j’ai eu un véritable coup de cœur pour l’Imagerie. C’est un lieu exceptionnel et un patrimoine absolument magnifique. »
Un scénario signé par un Spinalien
Cet épisode possède toutefois une particularité qui lui donne une dimension supplémentaire : son scénario est signé par Thomas Griffet, originaire d’Épinal.
« Le scénario a un côté un peu ésotérique et se déroule dans des lieux que les Vosgiens et tout spécialement les spinaliens vont reconnaître » a-t-il expliqué

Thomas Griffet
Pour le scénariste, l’objectif était de construire une intrigue qui ne se contentait pas d’utiliser les Vosges comme simple décor. L’histoire devait véritablement s’enraciner dans le territoire et permettre aux habitants de reconnaître des lieux, des références et un imaginaire qui leur sont familiers.
Cette volonté correspond d'ailleurs parfaitement à l'esprit de la collection.
Quand le polar rencontre le patrimoine
Le réalisateur rappelle que Meurtres à… repose précisément sur cette combinaison entre fiction policière et identité locale. Chaque épisode doit s'appuyer sur une légende, un événement, un monument ou une particularité fortement associée au territoire choisi.
À Épinal, cette mécanique prend notamment appui sur la légende vosgienne de la Roche des Fées, dont les origines remontent au XIIe siècle..
Avec un sourire, David Ferrier résume cette philosophie de la collection en expliquant qu’à France Télévisions, on aime présenter Meurtres à… comme un mélange entre une série policière et une émission consacrée au patrimoine et aux territoires, une formule qui permet à la fois de raconter une enquête et de donner envie de découvrir les lieux qui lui servent de décor.

Épinal, mais pas seulement...
Pour les habitants, le tournage permet également de reconnaître de nombreux endroits familiers.
Si l’Imagerie d’Épinal constitue le cœur de l’histoire et accueille plusieurs scènes, les caméras se sont également installées à Pouxeux Chantraine et Remiremont., Épinal occupe naturellement une place centrale, avec notamment des séquences tournées autour de la basilique Saint-Maurice et plusieurs plans aériens destinés à mettre en valeur la ville.
Même le commissariat présenté dans la fiction possède une véritable adresse vosgienne : le bâtiment utilisé pour les besoins du tournage est celui des services techniques de Rambervillers. Quant au chalet apparaissant dans l'histoire, il se situe du côté de xamontarupt.
Autant de lieux qui devraient offrir aux téléspectateurs un véritable jeu de piste lors de la diffusion.
Une nouvelle vitrine pour la cité des images
Au-delà de l'enquête et du casting, Meurtres à Épinal constitue donc une nouvelle occasion de mettre en lumière le patrimoine vosgien. La présence de l'Imagerie au centre de l'intrigue n'est évidemment pas anodine : son histoire, son savoir-faire et son identité visuelle ont offert à la production un univers particulièrement riche.
Après Meurtres à Bussang, tourné quelques mois plus tôt par une autre équipe, les Vosges confirment ainsi leur capacité à séduire les productions audiovisuelles.
Avec David Ferrier à la réalisation, Sabine Perraud et Patrick Sabatier dans les rôles principaux, et Thomas Griffet/Olivier Berclaz, à l’écriture, cette nouvelle enquête entend conjuguer suspense, histoire locale et découverte du territoire.
Une rencontre privilégiée avec 250 spectateurs
Après la diffusion l'équipe du film a échangé directement avec le public venu assister à cette avant-première. Parmi celui-ci, différents figurants étaient présents. Questions, réactions et échanges ont permis aux spectateurs d'en savoir davantage sur la genèse du projet, le travail des acteurs et les choix du réalisateur.

L'équipe du Télé-film et les figurants

Il faudra désormais patienter encore quelques semaines pour sa diffusion sur France 3 et découvrir comment les images d’Épinal, le Rocher des Fées et les rues de la cité des images s’intègreront à cette nouvelle énigme criminelle.
Rédaction : Alain Reynders
Photos : Alain Reynders, Pascal Gavoille et Ville d’Épinal





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