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Gérardmer - Clap de fin sur la 33e édition du Festival International du film fantastique

Les derniers flashes se sont éteints, les cris d’effroi se sont dissipés et la « Perle des Vosges » a retrouvé le calme de l’hiver, laissant place aux skieurs sur les hauteurs enneigées. Après cinq jours d’intense immersion dans le cinéma de genre, le Festival international du film fantastique de Gérardmer a tiré le rideau sur sa 33e édition, marquée à la fois par un palmarès riche et une forte affluence


Photo "de famille" à l'issue du palmarès le samedi

Mother’s Baby, un Grand Prix au cœur de l’intime

Réuni sous la présidence de l’actrice Alice Taglioni, le jury a choisi de couronner Mother’s Baby, troisième long métrage de la réalisatrice autrichienne Johanna Moder. Un thriller psychologique troublant, qui explore avec finesse les zones d’ombre de la maternité et les failles de l’identité.

Aux côtés d’Alice Taglioni, le jury réunissait Oulaya Amamra, Nathan Ambrosioni, Nadège Beausson-Diagne, Cascadeur, Alice David, Joséphine de Meaux et Maud Wyler.


Alice Taglioni présidente du Jury long métrage


Le film suit Julia, cheffe d’orchestre reconnue, dont la vie bascule après un accouchement difficile. Séparée de son enfant à la naissance sans en être informée, elle peine à créer un lien avec le nouveau-né qui lui est présenté, jusqu’à nourrir un doute obsédant : et si ce bébé n’était pas le sien ? Entre paranoïa, dépression post-partum et malaise diffus, la réalisatrice installe une tension permanente, saluée par le jury pour la justesse de son propos et la force de sa mise en scène.

Déjà remarquée sur la scène internationale (son premier film High Performance avait reçu le Prix du public au festival Max Ophüls, et Once Were Rebels le Prix du jury œcuménique à Zurich)  Johanna Moder a confirmé à Gérardmer une trajectoire artistique singulière et exigeante.

Un palmarès tourné vers la famille et ses fractures

Le Prix du jury du long métrage a été attribué ex aequo à deux œuvres aux univers très différents mais unies par une même thématique : la cellule familiale et ses dérives.D’un côté, Cadet du réalisateur kazakhstanais Adilkhan Yerzhanov, également lauréat du Prix de la critique, qui suit un adolescent confronté à une école militaire aux allures de lieu hanté. De l’autre, The Weed Eaters du Néo-Zélandais Callum Devlin, fable déjantée où une soirée de Nouvel An bascule dans l’horreur lorsque des fumeurs d’herbe sont pris de pulsions cannibales.

Le public, fidèle à sa réputation, a plébiscité Redux Redux des frères américains Kevin et Matthew McManus : un récit de vengeance multivers porté par une héroïne déterminée à retrouver l’assassin de sa fille. Le Jury jeunes a, quant à lui, distingué Don’t Leave the Kids Alone du Mexicain Emilio Portes, huis clos anxiogène mettant en scène deux frères livrés à eux-mêmes dans une maison pleine de dangers.

Remise du prix "Courts-métrages"

Le jury et le lauréat Jonas Brisé

Jonas Brisé et son trophée

Benjamin Rocher (président) Simone Ringer, Moon, Hakim Atoui et Jean-Baptiste Durand, le jury des "Courts-métrages"


Enfin, le Français Jonas Brisé a remporté le Prix du court métrage avec Exsanguina, chronique grinçante d’une rencontre fantasmée entre une adolescente et son influenceuse préférée, qui tourne rapidement au cauchemar. L’actrice principale, Capucine Valmary, révélée par « Le Torrent » (tourné à Gérardmer durant la période COVID) était également présente lors de cette 33 e édition.


Une cérémonie de clôture à forte portée symbolique

Moment fort de cette édition, la cérémonie de clôture dominicale s’est tenue à l’Espace Lac en présence de Michel Fournier, ministre délégué à la Ruralité ; une première dans l’histoire du festival. Pour Anne Villemin, présidente de l’association organisatrice, cette présence constitue « un signal fort » et vient souligner l’ADN de l’événement : un festival ancré dans un territoire rural et ouvert au plus grand nombre.

Le maire de Gérardmer, Stessy Speissmann Mozas, a salué cette reconnaissance institutionnelle, rappelant le rôle moteur de la culture dans le développement des territoires de montagne. Un message repris par le ministre, pour qui le festival incarne « une ruralité créative et ambitieuse, pleinement actrice du dynamisme culturel et économique du pays ».

Une dynamique confirmée, avant même le bilan final


Si l’heure n’est pas encore aux chiffres définitifs, la tendance observée tout au long de la semaine laisse peu de place au doute. Dès le samedi soir, la fréquentation cumulée approchait les 38 000 spectateurs sur les différents lieux du festival, un total appelé à progresser avec la journée de clôture et les nombreuses propositions hors projections.

Au-delà des salles obscures, plusieurs dispositifs ont contribué à l’animation du centre-ville. Le chapiteau installé place du Tilleul s’est imposé comme un lieu de passage incontournable, attirant plusieurs milliers de visiteurs venus échanger avec les auteurs du Grimoire, parmi lesquels Bernard Werber et Emma Becker. Un succès populaire qui confirme l’intérêt du public pour les formats hybrides mêlant littérature et cinéma. Un constat qui a été visible lors du vernissage de l’espace Grimoire ce samedi 31 janvier , par la présidente Anne Villemin, ravie des retours qui lui ont été faits de la part des festivaliers heureux de retrouver ce chapiteau au cœur du festival  

Thomas Bauduret en conversation avec Laetitia Reynders venue en voisine et festivalière

Thomas Bauduret, Laetitia Reynders et Alain Reynders

Aaron Judas

Le vernissage du Grimoire en présence de la présidente Anne Vilemin

Discours en présence, notamment, des acteurs de "Demain nous appartient"

De à dr : Dominique Valentin-Boulay- Raphaële Volkoff, Gaspard Meier Chaurand et Dimitri Fouque

Autre point relevé par l’organisation : le bon fonctionnement de la billetterie après un démarrage perfectible, salué par de nombreux spectateurs et rendu possible par la mobilisation constante des bénévoles. Forts de cet élan, les organisateurs ont d’ores et déjà donné rendez-vous aux festivaliers pour la prochaine édition, attendue du 26 au 31 janvier 2027.

Et enfin, les festivaliers ont aussi beaucoup aimé la présence de la radio Vosges FM au sein du chapiteau. Christophe et Justine y ont accueilli nombre d'invités au plus grand plaisir du public


Christophe et Justine interviewent Nicolas Charlet et Bruno Lavaine réalisateurs de ALTER EGO

Christophe et Justine interviewent Gaspard Meier-Chaurand, acteur dans LOL 2.0

Un panel d'invités issus de différents milieux artistiques

Les féstivaliers ont particulièrement apprécié de pouvoir croiser tous les invités et guess de ce festival. Que ce soit lors des projections ou dans le chapiteau, à l'occasion d'interviews ou encore à la sortie des deux Photo-Call organisés au bord du Lac pour la presse, voire encore das les rues de Gérardmer, au village après-ski, sur les pistes enneigées... Bref un plaisir partagé autant par les VIP que par les festivaliers

Alice Taglioni présidente Jury longs métrages au micro de Vosges TV

Asmara Abigail et Joko Anwar, réalisateur indonésien

Joko Anwar, réalisateur indonésien et ses fans


Anthony Humbertclaude, Dimitri Fouque, Gaspard Meier-Chaurand, Anne Villemin, Aurore Sellier, Rapahaële Volkoff et Capucine Valmary

Anne Villemin, Aurore Sellier, Rapahaële Volkoff et Capucine Valmary

Rapahaële Volkoff et l'écrivaine Laetitia Reynders

Pascal Gavoille (RCN) et Dimitri Fouque

Anne Villemin et Olga Kurylenko

Le jury long métrage au Photocall du mardi 27 janvier


"J'ai pu voir et parler avec des comédiens de Demain nous appartient, Raphaele et Dimitri, en toute simplicité et respect. Cela a été pareil avec Olga Kurylenko ou encore Neil Marshall, Capucine Valmary, Benjamin Rocher ou Alice Taglioni et bien sûr notre Vosgienne Aurore Sellier" . Des moments inoubliables" a précisé Francesca Mougel de Nancy

Gérardmer, un festival qui se vit autant qu’il se regarde

Au-delà des chiffres et des récompenses, Gérardmer reste avant tout une expérience collective singulière. Dans les salles combles de l’Espace Lac, les projections prennent des allures de rituels. Cris de sorcière, hurlements de loup-garou, invectives complices lancées à l’écran : ici, le public participe, réagit, vit le film.

L’arrivée sur scène de David Rault, alias Fido, l’animateur emblématique du festival, donne le ton avant chaque séance. Puis viennent les clameurs contre les téléphones allumés, les applaudissements adressés aux équipes à l’écran, et enfin ce silence tendu qui précède la projection, chargé d’attente et de promesses.

Une heure et demie plus tard, les spectateurs ressortent, notent le film… et reprennent souvent place dans la file d’attente pour la séance suivante.

À Gérardmer, le fantastique ne se contente pas d’être projeté : il se partage, se crie et se célèbre, édition après édition.

Rédaction : Alain Reynders

Photos en-tête et lauréats : Festival international du film fantastique

autres photos : Alain et Laetitia Reynders

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