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Gérardmer – Festival international du film fantastique : le rituel du « photo-call » au bord d’un lac presque figé

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Entre deux projections, les membres du Jury Long Métrage et plusieurs invités ont respecté l’un des rituels incontournables du Festival de Gérardmer : le photo-call au bord du lac. Malgré un froid tenace et une étendue d’eau en pleine gélification, l’instant a offert un décor saisissant, presque irréel, propice à de superbes clichés.


Un rendez-vous traditionnel

Aux alentours de 10 heures, les invités sont arrivés, en voiture, dans une atmosphère feutrée, presque religieuse. Face à eux, une cinquantaine de photographes, journalistes et caméramans ont patienté, revigorés par l’air vif et par la vue des emblématiques lettres « GE », devenues depuis quelques années le décor officiel de ce rendez-vous très attendu.

Des membres du jury et invités joviaux

L’ambiance est loin d’être austère. Détendue, chaleureuse même, notamment grâce à l’énergie communicative de Nadège Beausson-Diagne. Les déclencheurs d’appareils photo ont crépité, ponctuant les sourires et les poses, tandis qu’entre deux spots de prises de vue, acteurs et réalisateurs se sont prêtés volontiers au jeu des interviews improvisées.

« Ah mais c’est super ici, tellement beau ! Ça contraste avec les films dans lesquels, malheureusement pour les spectateurs, on m’entend souvent crier de terreur. J’ai la frousse, moi ! », lance Nadège Beausson-Diagne dans un grand éclat de rire. Véritable rayon de soleil ayant percé la brume du lac, la comédienne rappelle son riche parcours, de Plus belle la vie à Les Bracelets rouges, en passant par PJ, Julie Lescaut, Cherif ou encore le cinéma avec Rien à déclarer et Ôtez-moi d’un doute.

Toujours espiègle, elle interpelle les journalistes :« Toi, non, tu es trop jeune… mais toi, tu dois te souvenir de moi dans Podium ! J’étais une des Bernadettes, (les copies des Claudettes), avec Odile Vuillemin ! » Nouveau fou rire général.


À ses côtés, Alice Taglioni oscille entre rires et postures plus solennelles, dictées par son rôle de présidente du Jury Long Métrage.« C’est une première pour moi à Gérardmer, et en tant que présidente du jury et une première avec Nadège (rires). Je mesure la responsabilité que nous avons sur les épaules, c’est un peu flippant… mais quel beau festival ! Et avec Nadège, on ne s’ennuie pas. L’entente entre les jurés est excellente, c’est vraiment agréable », confie-t-elle.

Grâce au travail des traducteurs et traductrices, d’autres échanges ont également pu avoir lieu, notamment avec deux figures majeures du cinéma de genre : Neil Marshall et Joko Anwar.

Des réalisateurs honorés et appréciés du Festival

Réalisateur britannique originaire de Newcastle, Neil Marshall est venu célébrer les 20 ans de The Descent, film culte restauré en 4K par Pathé et devenu une référence incontournable du cinéma d’horreur moderne. Au-delà de cette œuvre emblématique, il est aussi l’auteur de Doomsday, Centurion, de l’adaptation cinématographique de Hellboy (2019), sans oublier des épisodes majeurs de Game of Thrones, qui lui ont valu une nomination aux Emmy Awards , ainsi que de Hannibal et Westworld.

« J’ai été ravi de revoir Centurion, ce petit film que nous avions réalisé il y a déjà quelques années et avec Olga (NDLR : Olga Kurylenko) dans un des rôles principaux . Le redécouvrir sur grand écran, avec un public qui réagit, a été un moment magnifique. Quant à The Descent, j’ai vraiment apprécié le travail réalisé sur la copie et la bande-son, dans des conditions idéales », a expliqué le cinéaste.

Autre présence marquante sur les rives du lac : Joko Anwar, figure centrale du renouveau du cinéma fantastique indonésien, accompagné de son actrice fétiche Asmara Abigail. Après un focus consacré l’an passé au cinéma vietnamien, le Festival de Gérardmer a poursuivi, ainsi, sa mise en lumière de l’Asie du Sud-Est. Scénariste et réalisateur reconnu, Joko Anwar a marqué les esprits avec Modus Anomali, Satan’s Slaves ou encore Impetigore.

« J’adore Gérardmer et son public. Je leur dois beaucoup. Cette ambiance entre organisateurs, presse et festivaliers est vraiment rare », confie-t-il. Lors de son hommage sur scène, il rappelle :« Il y a treize ans, l’accueil que Gérardmer a réservé à Modus Anomali  m’a donné la légitimité de continuer dans le cinéma de genre. Cet enthousiasme a résonné jusqu’en Indonésie. »

Devant un lac enveloppé d’une brume complice et recouvert d’une fine pellicule glacée, granitée, Joko Anwar et Asmara Abigail se sont prêtés longuement au jeu des photographes. Âgée de 33 ans, l’actrice entretient une collaboration étroite avec le réalisateur depuis 2016 (Jenny, Don’t Blink!, Satan’s Slaves, Gundala, Impetigore, Satan’s Slaves 2: Communion). Son talent lui a valu d’être désignée par Variety comme l’une des stars asiatiques de l’année.

Parfaitement francophone, Asmara Abigail évoque avec passion l’essor du cinéma indonésien :« Nous avons beaucoup de jeunes cinéastes reconnus à l’international. Bien sûr, il y a Joko, mais aussi Kamila Andini, par exemple. Le cinéma indonésien explore de nombreux genres, un peu comme celui de la Corée du Sud. À Bali, de nouveaux studios (Viking Sunset ) sont prêts à accueillir de grands projets. Je suis persuadée que c’est le bon moment pour le 7ᵉ art indonésien. »Elle confirme cette dynamique avec le tournage récent, à Bali en 2025, de The Ghost and the Guns d’Anshul Tiwari, aux côtés de l’acteur américain Brett Tutor.

Dernière rencontre de la matinée pour ActuVosges : Oulaya Amamra. César du meilleur espoir féminin pour Divines en 2017, héroïne de la série Vampires sur Netflix, elle a poursuivi un parcours fidèle aux réalisatrices qui l’ont révélée, avec Fragile, Animale et Toutes pour une. Elle sera prochainement à l’affiche de La Maison des femmes de Mélisa Godet.

« En tant que membre du jury, je stresse un peu. Départager ces films n’est pas facile… mais on est là pour ça, et l’ambiance entre nous est formidable. Et puis Gérardmer, c’est vraiment top », conclut-elle entre deux photos.

Le verdict de cette 33ᵉ édition du Festival de Gérardmer sera dévoilé ce samedi.

Rédaction : Alain Reynders

Photos : Alain Reynders et Pascal Gavoille

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