top of page

Épinal – Rencontre avec Marie Rémond pour son film « Élise sous emprise »

Connue et reconnue sur les planches ; une carrière saluée notamment par un Molière, Marie Rémond franchit aujourd’hui un cap important en signant son premier long métrage. De passage à Épinal, elle revient avec sincérité sur cette aventure intime et artistique dans le cadre de l’avant-première projetée au cours du Festival « Épinal fait son cinéma »


Guillaume Poulet et Marie Rémond lors de la rencontre avec les cinéphiles

Un film sur l’emprise et la reconstruction

« Elise sous emprise » raconte l’histoire d’Élise, enfermée dans une relation toxique avec Léopold. Lorsque le metteur en scène dont elle était l’assistante disparaît brutalement, elle se retrouve propulsée à la tête d’une troupe de théâtre. Entre crises de panique et perte de repères, elle vacille… mais pourrait bien trouver dans ce chaos une voie vers l’émancipation

.


L’Interview :

ActuVosges : Vous avez une longue carrière au théâtre. C’est votre premier long métrage en tant que réalisatrice… et aussi un rôle important au cinéma.

Marie Rémond : Oui, c’est vraiment le moment des premières fois. J’ai fait quelques apparitions au cinéma, mais la majorité de mon parcours est liée au théâtre. Là, j’avais envie d’aborder des thèmes très personnels : les peurs paniques, les relations toxiques.

Pourquoi ce sujet ? Est-ce autobiographique ?

Marie Rémond : Oui, en partie. J’ai vécu certaines choses présentes dans le film : les relations toxiques, les crises d’angoisse, le syndrome de l’imposteur. J’avais envie de passer à la mise en scène pour raconter mes propres histoires. Il y a une dizaine d’années, une productrice m’a suggéré de réaliser pour le cinéma. Et cette histoire-là, je ne la voyais pas sur scène, mais bien à l’écran. Alors je m’y suis mise.

Un premier film, un premier grand rôle… pas trop difficile ?

Marie Rémond : J’ai mis dix ans à l’écrire et à le réaliser. J’ai choisi un univers que je connais bien : le théâtre, les comédiens, les fragilités humaines. D’une certaine manière, j’ai limité les risques (rires).

Lors de l'interview


Pourquoi avoir choisi José Garcia pour incarner Léopold ?

Marie Rémond : Je voulais quelqu’un à contre-emploi. José Garcia est spontanément perçu comme sympathique. Cela renforçait le contraste avec un personnage narcissique et manipulateur. Quant à Élise, elle est aussi sous emprise… mais de ses propres failles.

Le casting est impressionnant…

Marie Rémond : Oui, je suis chanceuse. Il y a Anne Le Ny, Olivia Côte, Gustave Kervern… et aussi des comédiens de théâtre avec qui j’ai déjà travaillé. Cela a créé une vraie complicité.

Les petits “ratés” de la troupe sont-ils inspirés du réel ?

Marie Rémond : Complètement. Les décors un peu fragiles, les répétitions chaotiques… ce sont des situations que l’on vit vraiment au théâtre. J’avais envie d’en garder une trace.

Quel est le budget du film ?

Marie Rémond : Environ deux millions d’euros, en grande partie subventionnés. Le premier soutien a été le Centre national du cinéma et de l'image animée, avec une avance sur recettes. Il y a aussi eu des fonds belges, des aides des Hauts-de-France et de Lille, ainsi que l’Eurométropole de Strasbourg.



Pourquoi intégrer l’autobiographie de André Agassi ?

Marie Rémond : J’ai été marquée par son livre, « Open ». Il y raconte sa souffrance, jusqu’à en venir à détester le tennis. Cette dualité entre image publique et vécu intime m’a beaucoup parlé. Il y a aussi la pression exercée par son père… une forme d’emprise psychologique qui faisait écho à mon personnage. Ce livre devient presque un révélateur pour Élise.

André Agassi est-il au courant ?

Marie Rémond : Je ne crois pas… mais j’aimerais bien (rires). Le film a été projeté dans une ville où il se trouvait, mais je ne sais pas s’il l’a vu. Cela m’amuserait beaucoup !

Prête pour un deuxième film ?

Marie Rémond : Pas tout de suite. Le cinéma demande un temps très long, très différent du théâtre. J’avais besoin que ce film soit totalement terminé pour passer à autre chose. Maintenant que c’est le cas, les idées commencent à revenir… mais il faudra patienter.

Moins de dix ans cette fois ?

Marie Rémond : J’espère ! (rires)


Interview, rédaction et photos : Alain Reynders

Commentaires


Carte de visite 1.jpg

Site d' infos vosgiennes. L'actualité qui vous ressemble avec Actuvosges.fr

bottom of page