Épinal - Benoît Jourdain renverse la tendance et s’empare de la mairie
- actuvosges88
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Coup de théâtre à Épinal. Alors que tous les regards étaient tournés vers le maire sortant Patrick Nardin, arrivé en tête au premier tour, c’est finalement son rival Benoît Jourdain qui a remporté, dimanche 22 mars 2026, le second tour des élections municipales. Avec 39,93 % des suffrages, le candidat divers droite a devancé de justesse Patrick Nardin (37,55 %) à l’issue d’un scrutin particulièrement serré.

Un score qui en dit long sur la lutte qui s'est déroulée à Épinal
La surprise est d’autant plus grande que Benoît Jourdain accusait un retard d’environ cinq points au soir du premier tour, où il avait recueilli 32,24 % des voix contre 37,91 % pour le maire sortant. Un écart de 583 voix qui semblait alors conforter Patrick Nardin dans une position favorable. Mais en une semaine, la dynamique s’est inversée.
Une remontée inattendue dans une quadrangulaire disputée
Dans cette quadrangulaire, configuration rare mais observée dans plusieurs centaines de communes en France, la mobilisation des électeurs a joué un rôle déterminant. Près de 11 000 abstentionnistes au premier tour laissaient entrevoir un possible rebattement des cartes. Sans être massive, la remobilisation d’une partie de ces électeurs, conjuguée à l’appel au « vote utile pour le changement » lancé par Benoît Jourdain, a suffi à faire basculer l’élection.
Face aux deux candidats de droite, Daniela Amiunes (union de la gauche) se hisse à la troisième place avec 13,02 % des voix, tandis que Pierre François (Rassemblement national) ferme la marche avec 9,51 %.

Une scène marquante à l’hôtel de ville
Peu après 20 h 30, dans le grand salon de l’hôtel de ville, l’atmosphère était lourde. Patrick Nardin a pris la parole devant une foule attentive. « La démocratie s’est exprimée. J’ai pris la décision de me retirer de la vie politique. Je souhaite bonne chance au futur conseil municipal », a-t-il déclaré, actant une défaite inattendue.
Dans l’assemblée, Benoît Jourdain a savouré une victoire au goût particulier : son adversaire n’est autre que son beau-frère par alliance. Un contraste saisissant, entre la gravité du sortant et la satisfaction du vainqueur.
Une campagne centrée sur les préoccupations locales
Durant l’entre-deux-tours, les quatre candidats ont intensifié leurs efforts pour convaincre. Sécurité, propreté, commerce, mobilités et attractivité de la ville ont été au cœur des débats. La question du sentiment d’insécurité, notamment, a occupé une place centrale, avec des approches sensiblement différentes selon les candidats.
Benoît Jourdain a insisté sur un programme « à l’écoute des Spinaliens », mettant en avant des mesures concrètes sur la sécurité, la fiscalité et la qualité de vie. « Ce sera programme contre programme », avait-il affirmé lors d’un meeting, quelques jours avant le scrutin.
Une revanche personnelle et politique
Déjà battu en 2020 par Patrick Nardin, Benoît Jourdain a pris, cette fois, sa revanche. Élu municipal pour la première fois en 1983, il accède avec ce dernier scrutin à la tête de la ville. Il a analysé sa victoire comme le signe d’un possible rejet de la politique menée jusque-là : « Peut-être que l’ancienne équipe n’a pas vu tout ce que les Spinaliens attendaient, notamment en matière de sécurité et de propreté. »
Malgré ce succès, le nouveau maire n’a pas manqué de souligner le niveau élevé de l’abstention, qui atteint 49,44 %. Un chiffre qui l’interpelle et nourrit ses ambitions pour le mandat à venir : « Mon objectif est de réconcilier l’ensemble des Spinaliens et de travailler intelligemment tous ensemble. »
Une victoire serrée mais symbolique
Avec un peu plus de deux points d’avance, Benoît Jourdain réussit un pari que beaucoup jugeaient difficile : inverser en une semaine une tendance défavorable. Porté par la liste « Changer pour vous », il s’impose comme le nouvel édile de la cité des Images. Son équipe disposera de 28 sièges, la liste de Patrick Nardin 7 sièges, Daniela Aminunes 2 sièges et Pierre François 2 sièges.
Dimanche soir, Benoît Jourdain s’est dit « fier » de pouvoir diriger la ville qui l’a vu naître, évoquant avec émotion ses racines familiales ancrées à Épinal depuis plusieurs siècles. Une victoire personnelle autant que politique, qui ouvre une nouvelle page pour la capitale vosgienne.
Rédaction et photo : Alain Reynders





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