Vosges - À Birmingham, Clémence Beretta a confirmé qu’elle avait bien sa place parmi les meilleures
- actuvosges88
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Elle aurait pu ne jamais voir Birmingham. Trois semaines avant les championnats d’Europe, Clémence Beretta quittait en effet les championnats de France Élite d’Albi avec une douleur musculaire et beaucoup d’interrogations. L’athlète de l’AVEC a finalement réussi à remettre les compteurs à zéro et à prendre le départ en Angleterre. À l’arrivée, une belle septième place en 1 h 34’10’’ est venue récompenser sa détermination.

Une préparation perturbée
Il y a trois semaines, l’histoire aurait pu prendre une tout autre tournure. Lorsqu’elle avait abandonné à Albi, le 23 juillet, Clémence Beretta ne savait pas encore si elle pourrait honorer sa sélection européenne. Une pointe ressentie quelques jours auparavant lors de son séjour en altitude à Saint-Moritz avait fini par se rappeler à son mauvais souvenir.
L’examen médical avait alors révélé une petite atteinte du semi-membraneux. De quoi forcément cogiter à l’approche d’un rendez-vous aussi important.
« J’ai eu un peu peur avec cette blessure, même si elle était petite et qu’elle intervenait vraiment au mauvais moment », avait reconnu Clémence. Son stage suisse avait été particulièrement dense et l’augmentation de la charge de travail n’était probablement pas étrangère à cette alerte physique.
Le plus frustrant était sans doute de ne pas avoir immédiatement compris ce qui se passait. À deux jours des championnats de France, les douleurs avaient même disparu. Mais l’intensité de la compétition allait rapidement faire ressurgir le problème.
« Dès le départ du 10 000 m, j’ai ressenti quelque chose d’électrique. C’était assez proche de la sensation d’une sciatique. »
Le diagnostic avait confirmé ses craintes, tout en laissant entrevoir une issue favorable. La lésion ne présentait notamment aucun saignement. Le compte à rebours vers Birmingham pouvait donc continuer.
Un départ déjà synonyme de victoire
Le 11 août, Clémence Beretta embarquait finalement pour l’Angleterre. Quatre jours plus tard, elle retrouvait les meilleures spécialistes européennes avec, en tête, l’envie de mesurer son niveau dans un contexte particulièrement exigeant.
Et elle savait à quoi s’attendre.
Cette édition des championnats d’Europe réunissait une densité exceptionnelle sur la ligne de départ. Aux côtés des références que sont l’Espagnole Maria Pérez et l’Italienne Antonella Palmisano, plusieurs jeunes marcheuses étaient venues bousculer la hiérarchie avec des performances chronométriques impressionnantes.
« Il y aura au moins une dizaine de filles capables de jouer les trois places du podium », avait-elle prévenu avant l’épreuve.
Dans ce contexte, le scénario imaginé par la Vosgienne pouvait lui offrir quelques opportunités. Elle s’attendait à une course stratégique et à un parcours peu propice aux grandes envolées. Des paramètres susceptibles de favoriser son profil.
Encore fallait-il que la jambe tienne.
Elle a tenté sa chance
Sur le parcours de Birmingham, Clémence Beretta a d’abord réussi à rester au contact des principales prétendantes. Pendant une bonne partie de l’épreuve, elle a ainsi évolué avec les ténors de la discipline.
Puis la course s’est brusquement durcie.
Après une trentaine de minutes, une accélération a fait éclater le groupe. Clémence a essayé de suivre le mouvement, consciente que laisser partir les favorites signifiait probablement renoncer à ses ambitions de podium.
Elle a essayé.
Mais l’effort consenti pour répondre à cette attaque était trop important. Il a finalement fallu accepter de perdre quelques places et gérer la suite de l’épreuve avec les ressources restantes.
Pas question pour autant de baisser les bras.
Au terme des 20 kilomètres, la Française prenait la septième place en 1 h 34’10’’. Un résultat qui ne récompense pas seulement son niveau sportif, mais également sa capacité à revenir rapidement après l'alerte musculaire d'Albi.
« Je ne regrette rien, il fallait essayer… »
Une philosophie qui lui aura permis d'aller chercher le meilleur classement possible malgré un scénario qui ne lui était pas favorable.
Un parcours qui n’a pas fait l’unanimité
Les conditions de compétition n’ont par ailleurs pas simplifié la tâche des concurrents. La configuration retenue à Birmingham regroupait plus d’une centaine d’athlètes sur une même boucle d’un kilomètre, avec différentes épreuves disputées simultanément.
Le revêtement du circuit a également été loin de satisfaire les marcheurs. Le bitume, fortement dégradé par endroits, occasionnait des appuis incertains et obligeait les concurrents à rester particulièrement vigilants.
Clémence Beretta n’a pas caché son sentiment à l’arrivée :
« Le tracé était nul, mais ça fait partie du jeu. »
Une difficulté qui n’a pas épargné les meilleures. Même les premières de l’épreuve ont connu quelques frayeurs, l’une d’entre elles étant notamment passée tout près de la chute.
Une septième place qui compte
La médaille n’était pas au rendez-vous, mais Clémence Beretta repart de Birmingham avec une nouvelle référence européenne. Surtout, elle a démontré qu’une blessure survenue à quelques semaines d’un grand championnat ne suffisait pas à remettre en cause ses ambitions.
La Vosgienne a pu vivre cette aventure aux côtés de ses proches, ce qui a donné une dimension encore plus forte à cette performance.
Et quel symbole que de partager la piste avec Maria Pérez, devenue entre-temps nouvelle recordwoman du monde et figure incontournable de la marche internationale.
À Birmingham, Clémence Beretta n’a peut-être pas décroché le podium. Elle a toutefois confirmé qu’elle appartenait désormais à ce cercle très fermé des athlètes capables de se mêler à la lutte avec les meilleures Européennes.
Septième, après avoir douté de sa participation quelques semaines plus tôt : le résultat a forcément une saveur particulière. Et, surtout, il laisse entrevoir une suite de saison pleine de promesses.
Rédaction : Alain Reynders
Photo ; FB de Pierre Beretta





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