Vosges - Les agriculteurs dressent un campement devant la préfecture des Vosges pour dénoncer l’accord UE–Mercosur
- actuvosges88
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La mobilisation agricole prend une tournure durable à Épinal. Depuis ce vendredi 16 janvier 2026, une cinquantaine d’agriculteurs ont installé un campement symbolique devant la préfecture des Vosges pour exprimer leur opposition au traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, dont la signature est annoncée pour ce samedi 17 janvier.

Une volonté de ne rien lâcher
À l’appel de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne, les manifestants ont choisi de s’inscrire dans le temps. Déterminés à faire entendre leur colère, ils prévoient de rester mobilisés au moins trois jours, avec des perturbations possibles dans le secteur de la préfecture jusqu’à dimanche soir au moins.
Sur place, le décor tranche avec l’austérité administrative des lieux. Un campement a été érigé à l’aide de bottes de paille, formant une cabane improvisée. Un feu a été allumé dans la journée et un barbecue installé, transformant le parvis en lieu de rassemblement et d’échanges. Une occupation assumée, à la fois revendicative et visible, destinée à interpeller les autorités comme les passants.


Au cœur de la contestation figure le rejet catégorique de l’accord Mercosur, jugé lourd de conséquences pour l’agriculture française. Les deux syndicats dénoncent un texte qui, selon eux, ouvrirait davantage le marché européen à des produits agricoles importés ne respectant pas les normes sanitaires, environnementales et sociales imposées aux exploitants français. Une concurrence qu’ils estiment déloyale et dangereuse pour la pérennité des fermes.
Mais le dossier du Mercosur n’est pas le seul sujet de crispation. Les représentants agricoles entendent également attirer l’attention sur les difficultés structurelles du monde paysan : accumulation des contraintes administratives, pression économique croissante, manque de reconnaissance du métier et inquiétudes sanitaires, notamment liées à l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui pèse sur les élevages.
Des actions in situ
Le rassemblement, prévu, ne s’inscrit dans aucun cadre horaire strict. Les organisateurs l’assurent : le mouvement pourrait se prolonger plusieurs jours, si aucune réponse jugée satisfaisante n’est apportée par les pouvoirs publics. Une action visible, incluant un blocage symbolique de la circulation devant la préfecture a été mise en place. Les participants ont été invités à se rendre sur place en tracteur, sans benne ni remorque.
Les agriculteurs réfléchissent déjà aux suites possibles de leur mobilisation. La vice-présidente de la Coordination rurale dans les Vosges, Constance Helmstetter, a évoqué notamment un appel au boycott du Salon international de l’agriculture, prévu à Paris du 21 février au 1er mars 2026. "Bientôt nous ne serons plus que des bêtes de foire", a-t-elle alerté, tout en saluant l’absence de bovins cette année pour des raisons sanitaires liées à la Dermatose nodulaire contagieuse.



Sur le terrain spinalien, la responsable syndicale espère également transformer la mobilisation en opération de sensibilisation auprès du grand public. Des actions de rencontre avec les consommateurs ont été prévues, notamment sur le marché de ce samedi, afin d’expliquer les enjeux du mouvement et d’inviter les citoyens à rejoindre le rassemblement.
Des perturbations de circulation sont donc présentes aux abords de la préfecture d’Épinal. Les usagers sont invités à anticiper leurs déplacements et à respecter les consignes de sécurité. Pendant ce temps, les agriculteurs campent, bien décidés à ne pas quitter les lieux de sitôt.
Rédaction et photos : Alain Reynders

