top of page

Vosges - Le Chant des forêts de Vincent Munier revient aux sources pour un hymne intime au vivant

Trois ans après le succès de La Panthère des neiges, coréalisé avec son épouse, Marie Amiguet et couronné d’un César, Vincent Munier a signé son premier long-métrage en solo. Avec Le Chant des forêts, dont la sortie en salles est annoncée pour le 17 décembre, le cinéaste vosgien s’est engagé dans une aventure profondément personnelle : un retour aux racines, au cœur des paysages qui ont façonné son regard.



Un film très attendu dans les festivals internationaux

Avant même sa sortie, Le Chant des forêts a déjà commencé son voyage. Le film a été présenté dans plusieurs festivals prestigieux, notamment au Zurich Film Festival et au BFI London Film Festival. Des rendez-vous où le public a pu entrevoir l’ambition esthétique de l’œuvre : une immersion sensorielle dans la forêt, ses mystères, ses rythmes et ses habitants discrets. Depuis, le cinéaste amoureux de la nature a entamé une tournée "d'avant-premières" dans différentes localités des Vosges, dont Épinal, Remiremont, Saint-Dié...

A l'avant première d’Épinal, ce sont 1.100 personnes qui ont assisté à cette projection répartie sur plusieurs séances...


Une décennie de tournage, un engagement total

Si le film arrive aujourd’hui à maturité, c’est qu’il s’est appuyé sur un travail titanesque. Pendant dix ans, Vincent Munier a accumulé des milliers d’heures d’images, enregistrées au fil de ses affûts dans les forêts vosgiennes. À cette matière patiemment collectée, il a ajouté de nouvelles séquences tournées dans le Jura et… en Norvège.

Depuis sa ferme, où il vit en lisière de forêt, le photographe-cinéaste est sorti chaque matin et chaque soir, animé par la quête de l’instant rare : ce moment de grâce où le vivant se dévoile sans se méfier. Cette routine, d’abord intuitive, est vite devenue obsessionnelle. Pour saisir l’essentiel, il a fallu filmer sans relâche… puis trier, "dérusher", façonner un récit dans la lenteur et la rigueur.

Une création en équipe réduite

À l’image de son rapport intime à la nature, Vincent Munier a choisi la sobriété technique. La plupart des plans paysagers et animaliers ont été captés seul, sans ingénieur du son, sans techniciens, et surtout sans artifice : ni drones, ni grues, ni effets de brume. La nature est restée maître de sa propre lumière.

Pour les scènes tournées en cabane ou en Norvège, il s’est entouré d’une équipe réduite, fidèle et discrète : les cadreurs Antoine Lavorel et Laurent Joffrion. Aucun animal n’a été apprivoisé, aucune mise en scène n’est venue manipuler le réel. Le film revendique une éthique naturaliste rigoureuse.

Sur les traces du grand tétras, oiseau disparu des Vosges

Au cœur du film, en fil rouge, plane la silhouette puissante et fragile du grand tétras, le plus grand oiseau forestier d’Europe. Autrefois présent dans les Vosges, il y a disparu, victime du réchauffement climatique, de la transformation industrielle des forêts et de la multiplication des dérangements humains. Cette absence a toujours résonné douloureusement pour Vincent Munier : son père, Michel, naturaliste passionné, lui avait transmis la fascination pour cet oiseau mythique.

Photo Vincent Munier

Le film a suivi, également, le chemin inverse : en Norvège, où l’espèce survit encore, certains individus ont récemment été capturés pour être réintroduits dans les Vosges. Une initiative porteuse d’espoir que Vincent Munier a accompagné de sa caméra. Notons que la réinsertion de ce bel animal s'est soldée par le décès de la quasi intégralité des rapatriés...

Trois générations réunies autour d’un même regard

Avec Le Chant des forêts,le réalisateur n’a pas raconté pas seulement la faune. Il a conforté une filiation. Ce qu’il a reçu de son père, il le transmet à son tour à son fils Simon : l’attention au moindre souffle, la capacité de s’effacer, l’humilité devant l’invisible. Trois générations se répondent à travers les images, comme un écho à la continuité du vivant.

A travers sa démarche artistique. Vincent Munier  apparaît comme un « passeur », un guide capable « d’aviver notre curiosité » et de faire percevoir « les fragiles soies qui nous relient au vivant ».

Une immersion au cœur des habitants discrets de la forêt

Cerfs en pleine nuit, renards furtifs, lynx insaisissable, oiseaux de passage… Le film a invité à redécouvrir la forêt non pas comme un décor, mais comme un monde habité. Chaque séquence est une rencontre, parfois brève, parfois suspendue, toujours empreinte de respect.


Photo ; Vosges TV

Un hommage vibrant à la mémoire et à la vie sauvage

Plus qu’un documentaire, Le Chant des forêts va probablement s’imposer comme un poème visuel. En filmant les lieux qui l’ont vu grandir, Vincent Munier a magnifié la beauté brute des Vosges, l’importance de la transmission et la nécessité de réapprendre à regarder. Son film tonne comme un appel : retrouver notre place dans un monde où d’autres vies, silencieuses, attendent qu’on les écoute.

Une séance spéciale est prévue le samedi 20 décembre à Saint-Dié en présence de Vincent Munier.


Avec ce retour aux sources, Vincent Munier a livré une œuvre profondément humaine, où la sensibilité naturaliste se mêle à l’émotion familiale. Un film qui rappelle que la forêt n’est pas seulement un espace sauvage : c’est un territoire de mémoire, de liens et d’attentions.

(Un film soutenu entre autres par le Conseil départemental des Vosges et son programme Vosges terre de tournage)

Rédaction : Alain Reynders

Carte de visite 1.jpg

Site d' infos vosgiennes. L'actualité qui vous ressemble avec Actuvosges.fr

bottom of page