Vosges - De nouvelles règles pour protéger les élevages face au loup
- actuvosges88
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Face à l’augmentation de la population de loups en France et à l’extension progressive de son territoire, l’État adapte sa stratégie de gestion de l’espèce. Publiés le 24 février 2026, de nouveaux arrêtés ministériels viennent assouplir les règles de défense des troupeaux tout en maintenant l’objectif de conservation du loup à un niveau favorable. Dans les Vosges, où la présence du prédateur est désormais bien installée, ces évolutions concernent directement les éleveurs confrontés à une pression de prédation bien réelle.

Une présence confirmée dans les Vosges depuis 2011
Le loup est officiellement présent dans le département des Vosges depuis 2011. Depuis lors, les attaques sur les troupeaux, principalement ovins, se sont multipliées.
En 2025, quatorze attaques attribuées au loup ont été recensées dans le département. Elles ont entraîné la mort de 94 animaux dans les exploitations touchées. Depuis le début de l’année 2026, la situation reste préoccupante : cinq attaques ont déjà été constatées, causant la perte de 42 animaux, essentiellement dans l’ouest du territoire.
Au-delà des pertes économiques, ces attaques génèrent une forte détresse chez les éleveurs concernés, qui doivent faire face à une pression constante sur leurs troupeaux.
Un classement des communes selon le risque de prédation
Afin d’adapter les mesures de prévention, le préfet des Vosges a défini différents niveaux de risque de prédation. Par arrêté du 31 décembre 2025, les communes vosgiennes ont été classées en trois catégories.
Le cercle 1 regroupe les communes où la prédation est avérée.Le cercle 2 concerne les secteurs où des dommages récents ont été constatés et où des actions de prévention sont nécessaires.Le cercle 3 correspond aux zones où le loup pourrait étendre sa présence.
Dans les Vosges, trois communes sont aujourd’hui classées en cercle 1, tandis que 205 communes relèvent du cercle 2. Toutes les autres communes du département sont placées en cercle 3.
Ce classement est déterminant, car il conditionne l’accès aux aides de l’État destinées à renforcer la protection des troupeaux.
Des règles de défense des troupeaux assouplies
Les nouveaux arrêtés ministériels introduisent plusieurs évolutions destinées à faciliter la réaction des éleveurs face aux attaques.
Le plafond national de prélèvement des loups – c’est-à-dire le nombre maximal d’animaux pouvant être abattus dans l’année – passe ainsi de 19 % à 21 % de la population estimée. Il pourra même être porté à 23 % en cours d’année si la pression de prédation l’exige.
Autre évolution importante : pour les troupeaux ovins et caprins situés en cercles 1 et 2, les éleveurs peuvent désormais effectuer un tir de défense sur simple déclaration, sans autorisation préfectorale préalable. Cette possibilité s’applique que l’exploitation soit ou non équipée de dispositifs de protection.
Dans d’autres situations, une autorisation reste toutefois nécessaire. C’est notamment le cas pour les troupeaux ovins et caprins situés en cercle 3, où des tirs d’effarouchement doivent d’abord être réalisés. Les éleveurs de bovins ou d’équidés doivent également obtenir une autorisation, à condition d’avoir mis en place des mesures visant à réduire la vulnérabilité de leurs animaux.
En cas de dommages exceptionnels, des tirs de prélèvement pourront être autorisés à partir du 1er juillet, après accord du préfet coordonnateur du plan national loup.
Pour préserver l’espèce, certains tirs pourront néanmoins être suspendus si le plafond national risque d’être atteint trop rapidement.
Des aides pour renforcer la protection des exploitations
La prévention reste au cœur du dispositif. L’État encourage les éleveurs à déployer des moyens de protection afin de réduire la vulnérabilité de leurs troupeaux.
Des aides financières peuvent couvrir jusqu’à 80 % du coût des équipements, notamment pour l’installation de clôtures électrifiées.
Selon la localisation des pâturages, plusieurs dispositifs peuvent être financés :
le gardiennage renforcé pour les exploitations situées en cercle 1 ;
l’acquisition de chiens de protection dans les trois cercles ;
des investissements matériels, comme les parcs électrifiés, en cercles 1 et 2 ;
une analyse de vulnérabilité de l’exploitation ;
un accompagnement technique pour améliorer les dispositifs de protection.
Les demandes d’aide doivent être déposées avant le vendredi 31 juillet 2026 à minuit via la plateforme SAFRAN, accessible depuis TéléPAC.
Un service d’assistance gratuit est proposé par l’Agence de services et de paiement (ASP) au 09 74 99 74 41. Les éleveurs peuvent également contacter la Direction départementale des territoires des Vosges pour toute information complémentaire.
Une indemnisation sous conditions
L’État indemnise les pertes subies par les troupeaux ovins et caprins lorsque les attaques sont imputées au loup.
Dans les communes classées en cercles 1 et 2, cette indemnisation est toutefois désormais conditionnée à la mise en place de mesures de protection jugées raisonnables. À défaut, elle n’est plus accordée à partir de la troisième attaque survenue dans un délai de douze mois.
Par cette mesure, les pouvoirs publics entendent encourager la généralisation des dispositifs de protection afin de limiter la vulnérabilité des élevages face à la prédation, tout en poursuivant l’objectif de conservation de l’espèce.
Rédaction : Alain Reynders sur base du communiqué de presse de la Préfecture des Vosges
Photo : Béatrice Le Grand





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