Uxegney – Sébastien Montag, l’art à mains nues sur le ring des toiles
- actuvosges88
- 9 juil.
- 3 min de lecture
Il y avait du silence,
il y avait du souffle,
Et puis le choc — des couleurs, des regards.
À l’Usine d’Uxegney, un ancien boxeur pro entre en scène,
Non pour frapper, mais pour peindre, pour dire, pour marquer.

Sébastien Montag, Philippe Solthys maire d'Uxegney et Daniel Visse, président de l'association "Grand Angle" lors du discours inaugural.
Un vernissage qui a réuni les amateurs d’art
L’inauguration de l’exposition de Sébastien Montag n’était pas qu’un vernissage, c’était un rendez-vous. Une montée sur le ring de l’art, dans les entrailles et les hauteurs de ce lieu vibrant qu’est l’Usine d’Uxegney, devenu pour un temps l’écrin d’un combat pictural.
Le public ne s’y est pas trompé. Ils sont venus nombreux, curieux, émus parfois, pour découvrir ce qui palpite sur ces toiles.




La structure "Et l'homme entra dans un très long hiver" a été créée pour l'expo et a fait l’admiration
Philippe Soltys, maire de la localité, accompagné de Sylvain Demange, son adjoint, a salué le travail de l’artiste avec chaleur et respect. Une surprise symbolique l’attendait : la toute première casquette frappée des couleurs de la mairie et de l’association Grand Angle, remise à Sébastien Montag comme on passe le relais à un champion. Parmi l'assistance des autres artistes tels les peintres Kaza, Jean-Marie Cherruault, la talentueuse Pauline Corto pour ne citer que ceux-là.

Sébastien Montag, Philippe Solthys maire d'Uxegney et Daniel Visse, président de l'association "Grand Angle" lors du discours inaugural.

La cape du boxeur, revisitée...




Sébastien Montag et Alain Reynders (Actuvosges)
Du ring aux toiles, la métamorphose d’un homme
Sébastien Montag n’a pas tourné le dos à la boxe : il l’a transfigurée. Ce n’est pas un renoncement, mais une transmutation. Les gants sont devenus pinceaux, les crochets sont devenus courbes, les uppercuts des éclaboussures d’acrylique. Depuis 2002, il explore la toile comme on explore un adversaire — avec respect, intensité et intuition.
Sa peinture n’explique rien, mais elle dit tout.
Elle cogne sans fracas.
Elle questionne sans discours.
Elle frappe, mais au cœur.
Une technique à la sueur de l’âme
Dans les salles de la Centrale et des Arcades, les visiteurs ont déambulé. Ils n’ont pas fait que regarder, ils ont plongé. Car Sébastien Montag n’a pas choisi la facilité. Acrylique, aérosol, pochoirs, projections : sa grammaire plastique est une invention, un lexique de la lutte. Chaque toile est une strate de vie, une mémoire de coups, une archive des émotions qu’on ne dit pas. C’est un chaos dompté, une tension tendue comme une corde de ring.
On y perçoit le vacarme du monde, les fractures du réel, la fureur sourde des oubliés. Mais au milieu du tumulte, un éclat — celui d’un espoir, timide mais obstiné. Ses œuvres ne figent rien. Elles ouvrent des brèches, des failles où chacun peut glisser sa propre histoire, ses douleurs, ses rêves.

Le bateau ivre - acrylique et aérosol sur toile
Voir, vibrer, et peut-être comprendre
Cette exposition n’enseigne pas. Elle provoque. Elle tend un miroir fendu où nos reflets se superposent à ceux de l’artiste. C’est une invitation à regarder autrement, à sentir plus fort. Car ici, chaque tache est une parole, chaque ligne un silence rompu.
Et peut-être, au détour d’une toile, le visiteur percevra le vent d’un monde plus juste, une paix née du tumulte ou encore un peu d’humanité dans le combat des sens


L’exposition est gratuite, mais l’émotion, elle, est précieuse. Elle vous attend à l’Usine, rue Victor Perrin à Uxegney, à quelques minutes d’Épinal. Jusqu’à quand ? Le temps qu’il vous faudra pour entrer dans ce ring d’art, et peut-être en sortir, changé.
L'adresse :
L’Usine – Rue Victor Perrin à Uxegney (à quelques kilomètres d’Épinal).
Exposition les weeks-end du 05 au 27 juillet de 14 h à 18 h 30
Texte et photos : Alain Reynders
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