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Saint-Étienne-lès-Remiremont - A travers le rire, Jean-Luc Lemoine passe notre époque en revue

La salle multi-activités de Saint-Étienne-lès-Remiremont a affiché une belle affluence, ce mardi soir, pour accueillir Liquidation, le one-man-show de Jean-Luc Lemoine. Pendant plus d’une heure et demie, l’humoriste s’est livré à un décapage en règle de notre quotidien, armé de son sens de l’observation redoutable et d’un humour aussi incisif que réjouissant.

Deux-cents personnes réunies pour rire aux éclats

Dans ce spectacle au titre évocateur, Jean-Luc Lemoine a proposé une sorte d’inventaire avant fermeture, un regard sans fard sur une société qu’il estime « en liquidation ». Rien n’est épargné, mais jamais dans la méchanceté gratuite. Sites de rencontres et leurs dérives, arnaques en ligne, complotismes en tout genre, platisme, pornographie, selfies hasardeux avec des animaux sauvages, emballements collectifs ou disparition progressive du second degré : chaque thème est abordé avec une lucidité mordante et une ironie finement dosée.

Une référence en matière d'humour

Ce regard affûté sur l’époque n’est pas le fruit du hasard. Né le 6 mars 1970 dans l’Essonne, d’un père français et d’une mère d’origine vietnamienne, Jean-Luc Lemoine monte pour la première fois sur scène à seulement 14 ans, devant les élèves de son lycée de Longjumeau. Après un parcours académique mêlant études scientifiques, commerce et publicité, il choisit très vite de se consacrer pleinement au spectacle vivant. Dès le début des années 1990, il foule les planches parisiennes, notamment au Berry Zèbre, avant de se faire remarquer au Point Virgule avec la pièce Mon colocataire est une merde, dans laquelle il joue pendant plus d’un an.

Artiste complet et touche-à-tout, il s’illustre aussi bien dans l’écriture que dans l’interprétation. Scénariste pour la télévision, auteur de ses propres spectacles, chroniqueur à la radio comme à la télévision, Jean-Luc Lemoine multiplie les expériences. À la fin des années 1990, il écrit son premier one-man-show et collabore avec plusieurs programmes humoristiques avant d’être repéré par Laurent Ruquier, avec qui il entame une longue et fructueuse collaboration, notamment dans On a tout essayé ou On va s’gêner. À partir de 2011, il devient l’un des visages familiers de Touche pas à mon poste !, tout en poursuivant parallèlement sa carrière de comédien, au théâtre comme à la télévision, avec des apparitions remarquées dans des séries telles que Hero Corp ou Profilage.


Cette richesse de parcours transparaît pleinement dans Liquidation. Le spectacle a séduit par sa capacité à pointer la bêtise humaine sans jamais tomber dans le jugement. Le rire devient ici un outil d’analyse, presque un miroir tendu au public. Au fil des sketches, chacun s’est reconnut un peu, parfois à contrecœur, souvent avec un sourire complice. L’auto-dérision, marque de fabrique de l’artiste, a renforcé encore cette proximité qu’il a entretenu avec la salle.

Un spectacle participatif

Résolument interactif, le spectacle a laissé une large place à l’échange. Jean-Luc Lemoine a dialogué avec les spectateurs, rebondi sur leurs réactions et donné à la soirée une énergie spontanée et chaleureuse. Jeux de mots, traits d’esprit et irrévérence maîtrisée se sont enchaînés, déclenchant des rires quasi ininterrompus.

Derrière l’humour, Liquidation a interrogé aussi notre rapport à l’information, à la vérité et aux interdits de plus en plus nombreux qui balisent le débat public. Dans un monde où tout s’emballe à la vitesse d’un clic et où la moindre phrase peut déclencher une polémique, l’humoriste a offert une respiration salutaire. Une pause où l’on a ri, mais où l’on a réfléchi aussi.

Le final, ponctué d’applaudissements nourris, a confirmé l’adhésion du public à ce spectacle quelque peu incorrect, mais profondément libérateur.

Les gagnants des deux places offertes par Actuvosges

Prolongeant le plaisir, Jean-Luc Lemoine est ensuite resté longuement pour échanger avec les spectateurs venus le saluer et le féliciter. Il a également fait la rencontre des gagnants des deux places offertes par Actuvosges : Fabrice Grosier et sa compagne Annick de Nancy.

Une soirée placée sous le signe de l’intelligence, du rire et d’une joyeuse clairvoyance sur les travers de notre époque.

Rédaction et photos ; Alain Reynders

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