Pouxeux - Don de sang; un geste simple, un enjeu vital. Ce mardi 20 janvier à la salle Jeanne d'Arc
- actuvosges88
- il y a 1 jour
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Les Vosgiens sont appelés à se mobiliser ce mardi 20 janvier 2026 à l’occasion de la collecte de sang organisée à la salle Jeanne-d’Arc de Pouxeux, de 16 h à 19 h 30. Un rendez-vous solidaire essentiel, tant les besoins restent constants et pressants.

Besoin vital de sang et de plasma
Donner son sang est un acte à la fois simple, rapide et profondément utile. En quelques minutes, chacun peut contribuer à sauver des vies. Derrière chaque poche collectée, analysée puis distribuée aux établissements de santé, se dessinent des parcours de soins, des urgences vitales et des espoirs bien réels pour des milliers de patients.
Un geste aux multiples résonances
Le don de sang ne se limite pas à un acte individuel. Il entraîne souvent dans son sillage proches, collègues ou amis, devenant un puissant vecteur de sensibilisation. Les donneurs réguliers le savent : on ne donne jamais seul très longtemps. L’expérience est d’autant plus marquante lorsqu’un proche a, un jour, bénéficié d’une transfusion. Le don prend alors une dimension concrète, presque intime.
Les équipes présentes lors des collectes jouent également un rôle clé. Bienveillance, écoute et convivialité transforment chaque rendez-vous en un moment humain fort, où les liens se tissent au fil du temps. Pour certains professionnels de santé, donner son sang revêt même une charge émotionnelle particulière : voir ces poches utilisées pour soigner leurs propres patients donne tout son sens à l’engagement.
À cela s’ajoutent des outils modernes, comme l’application dédiée au don de sang, qui permet de suivre son historique, de mesurer l’impact de ses dons et parfois de recevoir un simple mais précieux message de remerciement. Un mot qui résume tout : merci.
Tous les groupes comptent
Si les donneurs de groupe O négatif sont souvent qualifiés de « donneurs universels », il est essentiel de rappeler que chaque groupe sanguin est indispensable. Le système transfusionnel repose sur une chaîne de solidarité où chaque maillon compte. Et au bout de cette chaîne, une fierté partagée : celle d’avoir accompli un geste altruiste, discret mais fondamental.
Le plasma, un enjeu de souveraineté sanitaire
Au-delà du don de sang, la France fait aujourd’hui face à une problématique majeure : le manque de plasma. Indispensable à la fabrication de médicaments vitaux et à la prise en charge de nombreuses pathologies – hématologiques, neurologiques, rhumatologiques ou dermatologiques –, le plasma est au cœur d’un enjeu de santé publique et de souveraineté sanitaire.
Faute de dons suffisants, près de 70 % du plasma utilisé en France est importé des États-Unis. Une dépendance préoccupante, d’autant plus que le modèle américain repose sur la rémunération des donneurs, parfois issus de populations précaires, soulevant de sérieuses questions éthiques.
Le plasma représente 55 % du volume sanguin et peut être prélevé par aphérèse, une technique qui permet de recueillir uniquement le plasma tout en restituant les autres composants au donneur. Ce type de don, bien toléré, dure environ une heure et demie et peut être renouvelé toutes les deux semaines. Il permet de collecter davantage de plasma sans risque d’anémie.
Les besoins, eux, ne cessent de croître. Environ 500 000 patients atteints de maladies auto-immunes nécessitent régulièrement des immunoglobulines, avec parfois jusqu’à 50 poches toutes les trois semaines. Or, les volumes collectés ont chuté drastiquement : de trois millions de poches en 1990 à seulement 700 000 aujourd’hui.
Mobilisation locale et solutions concrètes
Dans les Vosges, une piste est à l’étude pour encourager le don de plasma : la mise en place de navettes vers la Maison du don de Nancy, seul site habilité à réaliser ces prélèvements. L’amicale des donneurs de sang de Pouxeux, Éloyes et Jarménil se dit prête à prendre en charge le transport, à condition de réunir un nombre suffisant de volontaires disponibles sur des créneaux précis. Une organisation qui nécessite au minimum quatre à huit donneurs par déplacement.
Les bénévoles invitent d’ailleurs les personnes intéressées à se manifester lors des prochaines collectes, notamment celle prévue à Éloyes le 4 avril.
Des collectes parfois trop rapprochées ou mal coordonnées
Sur le terrain, certains donneurs s’interrogent toutefois sur la proximité des dates de collecte entre communes voisines comme Pouxeux, Éloyes ou Saint-Nabord. Une situation qui peut créer de la confusion. « Une collecte se prépare plusieurs jours à l’avance. Lorsque les événements s’enchaînent dans un périmètre restreint, les efforts logistiques – fléchage, annonces, communication – peuvent se chevaucher », explique un bénévole engagé.
Malgré ces contraintes, la mobilisation reste essentielle. La future usine de fractionnement du plasma à Arras constitue une avancée majeure vers l’autonomie sanitaire, mais elle ne suffira pas sans un engagement massif et durable des donneurs.
Un appel à la solidarité
Donner son sang, donner son plasma, c’est participer à un modèle solidaire fondé sur la gratuité et l’éthique. C’est refuser la marchandisation du corps humain tout en garantissant l’accès aux soins pour tous. Plus que jamais, l’appel est lancé : il est temps d’agir.
Rendez-vous ce mardi 20 janvier, de 16 h à 19 h 30, à la salle Jeanne-d’Arc de Pouxeux. Un geste simple, pour un impact d'importance .
Rédaction : Alain Reynders
Photos : association des donneurs de sang Pouxeux/Jarménil/Eloyes





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