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Gérardmer – Top départ pour "Les rencontres du cinéma de Gérardmer", ce lundi 31 mars.

Dès 15 heures la billetterie a accueilli nombre de cinéphiles. Le festival a débuté par « Les mots qu’elles eurent un jour » et s’est terminé par la projection du film « Le répondeur » de Fabienne Godet

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Un documentaire pour débuter : « Les mots qu’elles eurent un jour » …

Le pitch : En 1962, Yann Le Masson filme la parole de militantes algériennes à leur sortie de prison en France. Plus de 50 ans après, alors que la bande son a disparu, je pars à la recherche de ces femmes. Un film-enquête qui raconte leur histoire silencieuse. Un film-essai sur le cinéma qui figure leur disparition, et pour toujours, les garde vivantes.

Raphaël Pillosio signe avec Les mots qu'elles eurent un jour un documentaire qui interroge les silences de l'Histoire (avec un grand « H »)  autant qu'il tente de leur donner une voix. Plutôt qu'une simple reconstitution, le métrage s'attache à la quête même : une recherche où l'absence se fait tangible, où les bribes de discours volés par le temps résonnent comme autant de cicatrices.

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En explorant les images filmées en 1962 par Yann Le Masson, Raphaël Pillosio confronte les spectateurs à une double disparition. D'une part, celle d'un passé dont la bande-son semble délibérément effacée, laissant des visages muets, des lèvres en mouvement mais sans écho. D'autre part, celle d'un combat, d'une parole féminine que l'Histoire a marginalisée une fois l'utilité politique de ces femmes épuisée. Car ces Algériennes, anciennes militantes, agents de liaison ou poseuses de bombes, ont été renvoyées dans l'ombre, contraintes à un rôle domestique après avoir été au premier plan du combat.

Le film ne cherche pas à combler ce vide mais à le sonder, à en faire l'objet même de son enquête. Plutôt qu'une conclusion réparatrice, le réalisateur met en lumière un décalage temporel : celui qui s'est creusé entre ces femmes et leur postérité, entre leur révolte et leur réduction au silence. Le travail de lecture sur les lèvres, effectué par deux personnes sourdes, illustre parfaitement cette tension : il ne s'agit pas de restaurer une vérité immuable, mais de déchiffrer les traces d'un passé partiel, d'un récit éclaté.


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Crédit Photo Mathilde Mare

Dans cette approche, Les mots qu'elles eurent un jour devient un geste politique et poétique à la fois. La question du progrès y est désillusionnée : l'émancipation de ces femmes s'est brisée aussi rapidement qu'elle était apparue. Raphaël Pillosio ne se limite pas à exhumer une mémoire ; il montre comment le poids du temps et des structures sociales a continué d'étouffer des voix pourtant essentielles.

En refusant le confort d'une conclusion résolue, en évitant tout artifice de reconstitution totale, le film trouve sa force. C'est dans cette absence de happy end que réside toute sa justesse : une interrogation perpétuelle sur ce que l'on choisit de retenir et sur ce que l'on laisse s'effacer.

Rédaction Alain Reynders

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