Epinal - Le graffeur Pro176 a dévoilé son oeuvre au Mur
- actuvosges88
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Ce vendredi soir, l'association Le Mur Épinal a organisé le vernissage de l’œuvre PRO176 qui restera affichée jusque mi-avril

Un graffeur de renommée mondiale s'est exprimé dans la cité spinalienne
Rudy Dougbe, plus connu sous le nom de Pro176, est un artiste issu de la banlieue parisienne dont l’univers graphique plonge ses racines dans les comic-books qui ont bercé son enfance. Dès l’âge de cinq ans, le jeune Rudy a passé des heures à dessiner, recopiant avec application les personnages imaginés par le célèbre auteur américain Jack Kirby. Au départ simple refuge, le dessin s'est transformé progressivement en véritable passion.
C’est en 1989 que sa trajectoire artistique a pris un tournant décisif. Lors du festival 89 jeunes pour l’égalité, il a assisté à une performance des graffeurs Mode 2 et Colt. La découverte du graffiti a agi alors comme une révélation.

Moins connu du grand public, Rudy Dougbe a également mené une carrière dans le rap. Sous le nom de Pro176, il s’y est consacré avec conviction jusqu’en 2009. Cette année-là, il a choisi, toutefois, de mettre cette activité entre parenthèses afin de se consacrer pleinement à la peinture. Le hasard des rencontres a joué alors un rôle déterminant : alors qu’il recherchait un atelier, il a croisé la route du légendaire graffeur new-yorkais Richard Mirando, plus connu sous le nom de Seen. Celui-ci l’a invité à rejoindre le Seen Studios à Paris. À ses côtés, Pro176 a perfectionné sa technique, apprenant notamment à manier le pinceau et à travailler la peinture acrylique.
Au fil des années, l’artiste multiplie les collaborations et les échanges avec de grandes figures du street art. Il s’implique également dans plusieurs crews, véritables collectifs initiateurs de projets artistiques, de Paris à Berlin. Ces influences variées viennent nourrir et enrichir sa démarche.
L’esthétique de son graffiti porte toujours l’empreinte de l’univers Marvel. On y retrouve cependant des influences multiples, mêlant abstraction, constructivisme alphabétique et ce que l’artiste qualifie lui-même, avec humour, de « cubisme piccasonic facial » (sic) brutalement raffiné.
Pro176 revendique clairement l’inspiration de l’univers de Kirby, où la lutte philosophique entre le bien et le mal se déroule dans des galaxies infinies peuplées de super-héros et de super-vilains. Machines futuristes, vaisseaux spatiaux et décors dignes des films de science-fiction, une autre de ses grandes passions, apparaissent fréquemment dans ses œuvres. Ses lettres, travaillées avec minutie, s’intègrent parfaitement à cet environnement astral et galactique, où les traits anatomiques marqués de ses personnages se mêlent à une palette de couleurs vives.
Plus récemment, l’artiste a introduit dans son travail de grandes figures abstraites, colorées et cerclées de noir, évoquant des bulles de bande dessinée. On y distingue parfois un ou plusieurs yeux semblant observer le spectateur. « L’œil qui voit… tout, mais qui peut aussi nous tromper », explique-t-il, évoquant l’ambiguïté du regard et la multiplicité des interprétations possibles.



La fresque qu’il vient de réaliser sur un mur d’Épinal s’inscrit dans cette nouvelle orientation artistique. En présence du maire Patrick Nardin et de son adjoint Kevin Guellaf, une quarantaine de personnes se sont rassemblées pour écouter les explications du graffeur.
« En fait, tout part de la boule jaune qui symbolise la vie, la lumière. Tout le reste s’articule autour. Chacun y voit ce qu’il a envie de découvrir. Profitez-en », a confié l’artiste avant de conclure, avec humour : « Et maintenant, tout le monde au bar ! »
Rédaction et photos : Alain Reynders





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