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Epinal - La Biennale internationale de la photographie "Fenêtres sur Cours" a été un réel succès

Durant trois jours, les spinaliens ont pu admirer le travail de 22 photographes internationaux, professionnels et invités par l’association "Grand-Angle Epinal".

Frédéric Bourcier conte son histoire aux édiles absorbés par son récit de vie (Photo Alain Reynders)

L'ambiance d'un grand festival

L'arrivée des artistes (Capture écran du reportage de Vosges TV)


Le vendredi, les artistes ont été reçus, à l'Espace cours, à la façon d’un grand festival cinématographique : voiture floquée aux couleurs de l’organisation, qui ont les invités sur un tapis rouge, présence de photographes de presse et de la chaîne de télé vosgienne pour immortaliser le moment, un public enthousiaste... Le ton a été donné d’entrée de jeu.



Patrick Nardin, maire d’Épinal, Elisabeth Del Genini, adjointe à la mairie chargée de l'évènement, Stéphane Viry, député des Vosges, Daniel Visse, président de "Grand Angle" et la photographe italienne (Bologne) Umbertha (Photo Alain Reynders)


À partir du samedi, les choses sérieuses ont commencé, dès 11 heures, avec l’inauguration de cette biennale par les autorités spinaliennes. Patrick Nardin, le maire, entouré d’une grande partie d’autres élus a pris le temps de rencontrer chaque professionnel et de se faire expliquer les différentes techniques de prises de vue.

Une partie des clichés "La Forêt enchantée" de Karin Caporal, à l'Espace cours


C’est ainsi que l’on a pu découvrir comment Karin Caporal, tapie dans sa cabane de contreplaqué, au fin fond des forêts slovènes, a pu saisir l’intimité des ours de l’endroit. Ils en sont presque attendrissants, mais la photographe a rappelé qu’ils restaient des animaux sauvages et qu'elle s'est trouvée, quelque par en intruse sur leur territoire. Série "La Forêt enchantée"

« Pour ne pas que notre odeur soit perçue et ne pas les attirer à nous, la cabane dispose d’une ventilation qui transporte nos odeurs naturelles, nos respirations quelques mètres plus haut afin qu’elles se dispersent et ne nous fassent pas repérer. Ce sont de longues, très longues heures de planques immobiles qui sont nécessaires pour arriver à capter ces instants magiques » a-t-elle expliqué. Le résultat en est bluffant.


Frédéric Bourcier et Monsieur Bernard, son pote à cinq euros (Photo Grand Angle)


L'autre cas atypique est cette exposition d’une quantité de portraits de la même personne : un monsieur d’un certain âge. L’expo se dénomme « Mon pote à 5 euros ». Frédéric Bourcier, le photographe-reporter a expliqué l’histoire de cette série de portraits et de sa rencontre avec ce monsieur de la rue, SDF particulier, avec lequel il a partagé une relation humaine durant 22 ans. La série de photos a permis de créer un livre commenté qui a été vendu au profit d’une association aidant les sans-abris. Une histoire touchante qu’il est impossible de résumer en quelques lignes et qui a bouleversé les édiles. Laissons donc le photographe nous narrer une partie de cette rencontre.


« C’est un monsieur qui a eu un accident de la vie. Je ne sais pas lequel… Sûrement l’alcool. Ce que je sais de façon certaine, c’est qu’il est pupille de la nation. Il n’a plus de papiers d’identité et refusait toutes les aides d’associations caritatives. Il se souvient du jour de sa naissance, mais il est moins sûr de l’année...

C’est un monsieur qui est difficile à apprivoiser. En dépit de sa désocialisation, il a su garder et préserver une certaine dignité. Il refuse de faire la manche et propose systématiquement à la vente biscuits, chocolats ou calendriers… Et repart la plupart du temps avec.

Il choisit ses vêtements ou ses chaussures avec la précision d’un homme d’affaires, toujours des chemises et des chaussures de ville, même si ses pieds en souffrent. Il continue de gérer sa vie comme il le faisait sûrement auparavant, quand il était commercial.

C’est un monsieur qui me raconte ce qu’il a envie de me dire ou ce dont il se souvient. Sa mémoire ? Elle lui fait souvent défaut. Quand mes questions sont trop intrusives, il se renferme et part dans des monologues incompréhensibles.

C’est un monsieur filou qui a inventé une drôle d’association caritative pour attendrir nos grands-mères à la retraite. Enfin, celles qui ouvrent leurs portes.

C’est un monsieur fragile qui a accepté de se laisser prendre en photo après de longues années de visites. Pour moi, relater nos conversations est une manière de maintenir un lien avec ce monsieur solitaire et digne. Peut-être aussi un devoir de mémoire par rapport à une vie de souffrance et de solitude, qui s’envolera un jour sans faire de bruit…

C’est un monsieur qui se nomme Bernard G. C’est mon pote à cinq euros. C’est l’histoire de ses visites.

J’appréhende le jour où il ne viendra plus sonner à ma porte. »


Lors de l’inauguration, le maire a tenu à féliciter les organisateurs de ce festival unique

Patrick Nardin le maire et Daniel Visse président Grand-Angle (Photo Alain Reynders)


« En 2020, c’était déjà une réussite. Mais ici, on dirait que cette biennale est aussi bien rodée qu’une qui serait à sa 15e édition. Or, nous en sommes seulement au deuxième volet et quel succès! Nous sommes fiers, à Epinal, d’avoir vu naître ce beau projet qui est soutenu par une association active et forte de ses nombreux membres et bénévoles. On a été là pour vous et nous le serons encore, d’autant que, quelque part, cet événement s’inscrit comme les prémices de la Fête des Images qui, elle, va débuter dans quelques jours et pour laquelle Grand Angle sera, aussi, de la partie » a-t-il lancé à Daniell Visse, le président touché par ces mots.

La partie discours de l'inauguration (Photo Alain Reynders)

Un intermède musical avec la chorégraphie de Céline Guillaume devant un grande assistance (Photo Alain Reynders)

Une expo photo sur différents sites

Cette expo s’est aussi déclinée dans d’autres endroits et simultanément. On a retrouvé des magnifiques clichés à la BMI et au centre culturel d’Epinal ainsi qu’à Uxegney au site devenu, désormais incontournable de «L’Usine » (ancienne usine Victor Perrin). Des navettes gratuites, mises à dispostion par le partenaire « Toyota – Toys Motor - Epinal », ont pu conduire les visiteurs aux différents relais d’expositions.


Des invités choyés et comblés.

Les photographes présents ont eux aussi été dithyrambiques à propos des organisateurs :

« On a été reçus comme des rois. Nous sommes chouchoutés, mis en valeur. Tout est nickel, le cadre, la ville, les gens. Les Vosgiens sont vraiment supers. On reviendra avec plaisir ont précisé Gilles Courat et Philippe Haumesser

Les 22 photographes à l'Espace Cours (Photo Grand angle - Alain Thomas)

Et pour conclure ...

Daniel Visse (Photo Alain Reynders)


"Je remercie chaleureusement tous les acteurs de cet événement qui ont contribué à cette réussite. Merci également à tous nos partenaires, à la ville d'Épinal, notre région pour l'aide apportée, et celle à venir" a précisé Daniel Visse un président ravi.

Il faudra attendre deux années pour participer à une troisième édition qui ne pourra que confirmer la qualité de la seconde.

Alain Reynders

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