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Thaon-Les-Vosges - La Rotonde a ri avec Mathieu Madénian

Vendredi soir, à Thaon-les-Vosges, la magie a opéré dès les premiers instants. Dans une salle quasi comble, plus de 650 spectateurs ont vibré au rythme des vannes de Mathieu Madénian. Accueilli avec chaleur, l’humoriste a transformé la Rotonde en un vaste éclat de rire collectif.


Une « courte échelle » à la jeune génération.

La soirée s’est ouverte avec la pétillante Emma de Foncaux, jeune stand-uppeuse à l’énergie franche et sans détour. Présentée par Mathieu Madénian comme un passage de relais — « On l’a fait pour moi, maintenant c’est à mon tour de pousser les jeunes artistes » — elle a donné le ton : direct, sans filtre, efficace. Ancienne joueuse de rugby devenue autrice de ses propres textes, elle a su conquérir le public vosgien, préparant le terrain pour un artiste en grande forme.


Emma de Foncaux en première partie de Mathieu Madénian


Un humour taquin, ancré dans le réel

Détendu, presque espiègle, Mathieu Madénian est entré en scène avec cette nonchalance maîtrisée qui fait sa signature : une main glissée dans ses cheveux ébouriffés, un regard malicieusement provocateur, et déjà le public était à lui. Très vite, il a su jouer avec l’identité locale, évoquant la ruralité, la rudesse du climat et même quelques faits divers régionaux. « D’habitude, quand j’entends parler des Vosges, c’est en regardant Faites entrer l’accusé… D’ailleurs il me semble avoir reconnu l’in ou l’autre dans la salle, non ?» a-t-il lancé, goguenard, provoquant un tonnerre de rires. Le Vosgien est bon public et il l’a prouvé.

Son humour, fin et parfois délicieusement piquant, a navigué entre anecdotes personnelles et observations universelles. Il a évoqué, pêle-mêle, l’absence de hotte de cuisine chez Pascal Obispo, une rencontre improbable avec Kim Jong-nam (frère du président Nord-Coréen) , son amitié avec Charles Aznavour, mais surtout sa paternité tardive et l’arrivée du petit Milo. « Tu as une vie tranquille, de l’argent, des amis ? Fais un enfant, et tout change ! » a confié l’artiste avec une autodérision complice.




Pendant près d’1 h 40, les rires ont fusé, nourris par cette proximité constante avec le public. Mathieu Madénian n’a pas déclamé, il a partagé. Il a embarqué la salle dans ses digressions, improvise, rebondi sur les réactions. Une véritable conversation humoristique où chacun s'est senti inclus.

Une complicité prolongée hors scène

Fidèle à sa réputation d’artiste accessible, il n’a pas quitté les lieux sitôt le rideau tombé. Dans le grand hall circulaire de la Rotonde, il est allé à la rencontre des spectateurs, multipliant selfies, dédicaces et échanges spontanés. Une attention sincère, preuve d’un respect évident pour son public.

Mathieu Madénian, tout en complicité, avec son public



La Rotonde, écrin majestueux du rire

Si la soirée a été réussie, le lieu y est aussi pour quelque chose. Monument emblématique de Thaon-les-Vosges, la Rotonde impressionne par son architecture art déco et ses dimensions hors norme. Conçue au début du XXe siècle par les architectes Desclères puis Hébrard, elle adopte la forme symbolique d’une croix de Lorraine et se distingue par sa coupole culminant à 17 mètres de hauteur.

À l’origine, ce vaste édifice (long de 95 mètres et large de 75) n’était pas seulement un théâtre, mais un véritable « temple des loisirs » voulu par l’industriel Armand Lederlin, fondateur de la Blanchisserie Teinturerie de Thaon. Pensée comme un foyer patronal destiné au développement moral et culturel des ouvriers, la Rotonde abritait salles de réception, installations sportives, restaurants, bains-douches et un théâtre pouvant accueillir jusqu’à 1 200 spectateurs.



Après les heures fastes, la crise textile a fragilisé l’ensemble, avant que la ville ne le rachète en 1980 pour le franc symbolique. Classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1986, elle demeure aujourd’hui l’héritière d’une histoire sociale et industrielle forte, tout en étant un lieu vivant, ouvert à la création contemporaine.

Vendredi soir, sous sa coupole majestueuse, ce patrimoine exceptionnel a vibré d’un éclat nouveau : celui d’un rire franc et partagé. Mathieu Madénian, fidèle à sa mission, n’a « fait que son travail ». Mais quel travail : enchanter, divertir et offrir à toute une salle une parenthèse lumineuse.

Rédaction et photos : Alain Reynders

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