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Épinal – Elie Semoun et Loïc Legendre sont venus présenter le dernier opus de « Ducobu »

il y a 1 minute
7 min de lecture

Toujours dans le cadre de l’opération Ciné Cool , les comédiens se sont déplacer jusqu’aux Cinés Palaces d’Épinal pour présenter Ducobu et le fantôme de Saint-Potache aux spectateurs spinaliens à guichet fermé



Élie Semoun a évoqué l’avenir de Ducobu

À l’occasion de l’avant-première de Ducobu et le fantôme de Saint-Potache, nous avons rencontré Élie Semoun et Loïc Legendre. Un échange au cours duquel le réalisateur et interprète de Monsieur Latouche s’est montré particulièrement ouvert sur l’avenir de la célèbre franchise. Après six films, Élie Semoun reconnaît en effet avoir le sentiment d’être arrivé au bout de ce qu’il pouvait raconter avec son personnage, laissant entrevoir la possibilité que cette nouvelle aventure soit l’une des dernières.

À Épinal, c’est un Élie Semoun souriant et accessible qui est venu présenter ce sixième épisode de la saga. Rien à voir, évidemment, avec le sévère Monsieur Latouche qu’il incarne à l’écran, cet instituteur constamment au bord de la crise de nerfs face aux facéties de son élève « préféré ».

Avant de retrouver le public pour la projection, le comédien et réalisateur s’est également prêté au jeu des questions des jeunes spectateurs. Fidèle à son sens de l’humour, il a rapidement cherché à savoir à qui il avait affaire : plutôt des Ducobu, amateurs de raccourcis et de tricheries, ou des Léonie, élèves sérieuses et appliquées ? Quelques questions de calcul mental et de tables de multiplication ont suffi à faire réagir la salle.

Ducobu face à une maison hantée

Pour ce nouveau volet, l’univers de Saint-Potache prend une tournure particulièrement fantastique. L’action se déroule à Halloween, alors que Latouche et Mademoiselle Rateau s’installent dans une maison qui semble loin d’être aussi tranquille qu’ils l’espéraient. Les lieux sont en réalité hantés par Anatole, un ancien élève de Saint-Potache devenu fantôme.

Avec ce nouveau personnage, Ducobu, Léonie, leurs familles et Kitrish se retrouvent embarqués dans une aventure où les phénomènes étranges se mêlent aux traditionnelles catastrophes provoquées par le célèbre cancre. De quoi permettre à la franchise de s'éloigner quelque peu des habituels bancs de l'école et d'explorer les codes du film fantastique, sans perdre pour autant l'humour familial qui fait l'identité de la série.



Un réalisateur qui a aussi joué 3 personnages

Derrière la caméra, Élie Semoun reprend une nouvelle fois les commandes. Le scénario, l’adaptation et les dialogues sont signés Guy Laurent et Marc de Chauveron. Devant l’objectif, Semoun retrouve naturellement son rôle de Latouche, personnage qu’il est le seul comédien à avoir incarné depuis le lancement de la saga. Cette fois il a innové en empruntant les rôles non seulement de Gustave Latouche mais aussi de sa mère et un ancêtre de la famille

Il a partagé notamment l’affiche avec Émilie Caen, Frédérique Bel, Loïc Legendre et Gérard Jugnot. Ce dernier a repris son personnage de Kitrish, le magicien propriétaire d’une boutique de farces et attrapes, dont la présence occupe une place importante dans cette nouvelle aventure.




Un nouveau visage pour Ducobu

Comme dans les précédents épisodes, le rôle-titre est confié à un nouveau jeune comédien. Cette fois, c’est Charlie Garnier Naslin, jeune comédien belge,  qui a endossé le cartable du roi de la triche.

Ce renouvellement n’est pas lié à une volonté de modifier la formule de la saga, mais à une contrainte bien réelle : les jeunes acteurs grandissent rapidement. Entre deux tournages, leur visage, leur taille et leur morphologie peuvent évoluer suffisamment pour ne plus correspondre à l’âge du personnage de Ducobu.

La production doit donc régulièrement repartir à la recherche d’un nouvel enfant capable de reprendre le flambeau, tout en conservant l’énergie, la malice et le naturel indispensables au personnage.

Avec ce sixième film, Élie Semoun poursuit donc une aventure entamée plusieurs années auparavant, mais reconnaît désormais ressentir le besoin de passer à autre chose. Une envie de renouvellement qui pourrait bien concerner autant son personnage que sa carrière de réalisateur.

Rencontre avec Élie Semoun et Loïc Legendre.

Vous signez ici le sixième film de la saga Ducobu et votre quatrième réalisation dans cet univers. Était-ce prévu dès le départ ?

Pas du tout ! Ce n’est pas uniquement le succès des précédents films qui m’a donné envie de continuer, mais surtout le désir d’explorer quelque chose de nouveau. Je me lasse vite de la répétition, j’ai besoin de me renouveler. Avec le personnage de Latouche, j’avais le sentiment d’avoir déjà exploité beaucoup de choses : ses colères, ses excès, ses manies… Il fallait donc imaginer une nouvelle direction avec mes scénaristes. C’est comme cela qu’est venue l’idée de s’inspirer des films d’horreur, mais toujours de façon ludique et adaptée aux enfants. Cela nous a aussi permis de quitter l’école Saint-Potache, décor habituel de la série, pour entraîner les personnages dans un autre univers. Nous avons d’ailleurs passé beaucoup plus de temps à tourner dans la maison hantée que dans les salles de classe.

Ce choix vous a permis de placer l’intrigue à Halloween et de vous amuser avec les références aux films fantastiques, de Ghostbusters à L’Exorciste.

Exactement, mais notre priorité restait de faire un film familial. Avec mon producteur, Romain Rojtman, nous avons toujours veillé à ne jamais franchir la limite qui pourrait effrayer les plus jeunes. Certaines idées ont même été abandonnées au montage. Par exemple, dans une scène où Latouche est possédé, nous avons évité les plans trop impressionnants. Nous avions aussi imaginé un effet rappelant certains grands classiques du cinéma d’horreur, mais cela nous semblait excessif pour le public visé. Ce changement d’ambiance répondait surtout à une envie personnelle : après plusieurs films, j’avais besoin de sortir du cadre de la salle de classe.

Les décors sont particulièrement impressionnants. C’est l’occasion de mettre en avant le travail de Tom Darmstaedter et de son équipe.

Absolument. Cela fait déjà plusieurs films que nous collaborons avec Tom et les équipes belges, qui accomplissent un travail formidable. Il s’est beaucoup investi dans l’atmosphère de la maison et les décors d’Halloween. Mais cette créativité concerne toute l’équipe technique : costumes, photographie, décors… Le cinéma pour enfants permet de pousser les choses très loin, de jouer avec les couleurs, les formes, les personnages. On peut tout amplifier, un peu dans l’esprit des grandes comédies populaires françaises. Il faut aussi savoir que, hormis certains lieux réels comme l’établissement qui sert de Saint-Potache, une grande partie de ce que l’on voit à l’écran a été entièrement créée.

Le film fait également davantage appel aux effets spéciaux, notamment avec le personnage du jeune fantôme. Est-ce un plaisir ou une difficulté pour le réalisateur ?

C’est un vrai défi technique. Nous avons beaucoup travaillé sur fond vert ou fond bleu, avec des spécialistes des effets numériques qui employaient parfois un vocabulaire très pointu ! À certains moments, on joue sans vraiment savoir ce qu’il y aura ensuite à l’image. Mais le résultat final est très satisfaisant, et cela apporte une dimension supplémentaire au film.

Cette fois, vous interprétez plusieurs personnages : Gustave Latouche, sa mère et un ancêtre de la famille. Pourquoi ce choix ?

Jouer plusieurs rôles m’a permis de renouveler mon plaisir d’acteur. Il y avait aussi tout le travail autour de Latouche possédé par le fantôme d’Anatole. Nous avons réfléchi à différentes pistes, notamment pour sa voix, mais nous avons finalement choisi quelque chose de simple et naturel. Cela donne un personnage plus enfantin, ce qui plaît beaucoup aux jeunes spectateurs. En revanche, passer constamment d’un rôle à l’autre tout en réalisant le film demandait une vraie gymnastique. Il m’est même arrivé de donner des consignes à l’équipe encore maquillé en maman Latouche, ce qui amusait beaucoup tout le monde sur le plateau.

Le nouveau Ducobu est incarné par Charlie Garnier Naslin. Comment l’avez-vous choisi ?

Trouver l’interprète de Ducobu est toujours l’étape la plus délicate. Écrire ou tourner est presque plus simple ! Il faut trouver un enfant qui possède le bon mélange de malice, d’humour et de charme. Avec Charlie, cela a été une évidence dès les essais. Il avait déjà un petit aperçu du monde du cinéma grâce à son environnement familial (son papa est un acteur belge) , mais il n’avait encore jamais tourné. Mon travail consiste ensuite à accompagner les jeunes acteurs tout en préservant leur spontanéité.

Les autres enfants du film sont eux aussi très convaincants.

Oui, ils forment une très belle équipe. L’interprète de Léonie est particulièrement vive et intelligente, tout comme la jeune fille qui joue Claire. Certains avaient déjà une expérience de la scène ou du cinéma, ce qui aide beaucoup, mais tous apportent une grande fraîcheur au film.

Le personnage de Monsieur Kitrish, interprété par Gérard Jugnot, occupe également une place plus importante.

Et j’en suis ravi ! Les enfants aiment énormément ce personnage de magicien et de marchand de farces et attrapes. Gérard est un partenaire formidable : il est très proche des jeunes comédiens, il improvise beaucoup et crée une ambiance joyeuse sur le plateau. Travailler avec lui est toujours un vrai plaisir, même s’il oublie souvent son texte (rires)

On retrouve également de nombreux visages familiers, comme Frédérique Bel, Loïc Legendre, Émilie Caen, Jonathan Lambert ou encore Alex Vizorek.

Oui, et c’est amusant car Alex Vizorek avait participé à un précédent Ducobu, mais sa scène n’avait finalement pas été conservée au montage. C’est devenu une plaisanterie entre nous. Cette fois, il est bien présent dans le film, et cela me fait très plaisir. Jonathan Lambert s’est lui aussi beaucoup amusé avec son personnage, en apportant des idées et des détails qui enrichissent son rôle. C’est toujours agréable de voir des acteurs s’investir, même pour des apparitions plus courtes.

Après ce sixième épisode, imaginez-vous déjà un septième Ducobu ?

Je réponds toujours que non… et finalement j’en fais un autre ! Mais en ce moment, je travaille sur un projet très différent, inspiré de l’histoire de mon père et lié à la maladie d’Alzheimer. J’ai besoin d’explorer d’autres thèmes. J’aime profondément l’univers de Ducobu, j’aime faire rire et rêver les enfants, mais avec les années, j’ai aussi envie de me tourner vers des sujets plus adultes.

Pourtant Godi et Zidrou (NDLR : créateurs de la Bd Ducobu en 1992) ont quand même écrit et dessiné trente albums ?

Ah mais il n’y aura pas trente Ducobu (Rires) . Ces deux-là sont géniaux, je suis régulièrement en contact avec eux. Ils adorent la version film. Ils sont comme des enfants quand ils la découvrent. Mais bon, là, je sens que c’est la fin d’une belle saga. Mais sait-on jamais

Sortie en salle le 07 octobre

Rédaction : Alain Reynders

Photos : Alain Reynders







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