Vosges - Le Grand Tétras : l’État a-t-il déjà décidé l’arrêt du projet de réintroduction ?
- actuvosges88
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Après un nouveau bilan préoccupant, SOS Massif des Vosges demande au Préfet de confirmer ou de démentir clairement l’existence d’un arbitrage mettant fin aux translocations

Communiqué :
Le Parc naturel régional des Ballons des Vosges vient de transmettre son rapport de suivi et sa note d’information relatifs à la campagne de réintroduction du Grand Tétras menée au printemps 2026.
Derrière les formulations rassurantes et les courbes de suivi, le constat reste sombre : les oiseaux continuent de disparaître, les résultats reproducteurs demeurent inexistants et le dispositif de surveillance lui-même montre de nouvelles défaillances.
La pente descendante se poursuit. Le bord du gouffre, lui, se rapproche.
Sept oiseaux morts parmi les 23 capturés en Norvège
Au printemps 2026, 23 Grands Tétras ont été capturés en Norvège : 19 mâles et seulement quatre femelles.
Le rapport indique que :
quatre coqs sont morts en Norvège à la suite des captures,
un autre coq, blessé après sa capture, a dû être soigné puis relâché sur place,
un coq dominant, équipé d’une balise GPS, a été relâché sur place à la demande des partenaires norvégiens,
17 oiseaux, 13 mâles et quatre femelles, ont finalement été transportés et relâchés dans les Vosges,
trois d’entre eux sont morts dans les semaines suivantes : deux femelles et un mâle.
Au 27 juillet, sept des 23 oiseaux capturés dans le cadre de la campagne 2026 étaient donc morts, soit plus de 30 % de l’effectif initial. Le rapport reconnaît que les quatre mortalités survenues en Norvège sont liées au stress de capture.
La note destinée au public préfère ne retenir que les trois décès survenus après le lâcher et affiche ainsi un « taux de survie de 82 % », présenté comme le signe d’une « bonne adaptation ». Le Parc transforme ainsi en preuve de « bonne adaptation » la mort de trois oiseaux dans les deux mois suivant leur réintroduction, après que quatre autres étaient déjà morts lors des captures en Norvège. Il fallait oser.
La moitié des femelles introduites est déjà morte
Sur les quatre femelles relâchées en 2026, deux sont mortes :
la poule « Belønne », 17 jours après son lâcher,
la poule « Grue », 60 jours après son lâcher.
La première mortalité a été attribuée à une martre des pins, la seconde à un Autour des palombes.
Ainsi, la moitié de l’effectif féminin de femelles introduit en 2026 a disparu en deux mois.
Une tentative de nidification a bien été suspectée, mais elle s’est soldée par un échec. Les recherches menées sur place n’ont permis de découvrir aucune trace de nid, d’œuf ou de ponte. La note publique confirme qu’aucune reproduction n’a abouti.
La présence de nombreux mâles ne saurait masquer cette réalité élémentaire : sans femelles survivantes et sans reproduction, il n’existe aucune perspective sérieuse de constitution d’une population viable.
Deux oiseaux perdus avec leurs balises
Deux mâles relâchés ce printemps ont également perdu leur balise GPS peu après leur introduction.
Dans le premier cas, le dispositif aurait glissé sur le côté de l’oiseau avant que celui-ci ne puisse s’en dégager. Le second événement est également interprété comme une perte de balise. Ces deux oiseaux sont considérés comme vivants faute de preuve de mortalité, mais ils ne sont plus suivis par télémétrie.
Le Parc reconnaît qu’il est désormais impossible de savoir où ces oiseaux se stabiliseront et que leur éventuelle survie ne pourra être établie que par une observation, une photographie ou un indice ultérieur.
Pour un programme dont la dimension scientifique repose largement sur le suivi individuel des oiseaux, perdre deux systèmes de localisation quelques semaines après leur pose ne constitue pas un détail anecdotique.
Un arbitrage aurait-il déjà été rendu par le ministère ?
Au-delà de ce nouveau bilan, SOS Massif des Vosges a reçu, depuis plusieurs semaines, des informations concordantes provenant de différentes personnes directement ou indirectement impliquées dans le programme et de citoyens non impliqués.
Selon ces informations, un arbitrage aurait été rendu au plus haut niveau de l’État en défaveur de la poursuite de ce programme Le choix aurait été fait de temporiser pendant l’été avant d’en faire l’annonce officielle à la rentrée.
Nous suspectons également que certains porteurs et défenseurs du projet multiplient actuellement les démarches afin de tenter de faire revenir le ministère sur cette orientation.
Nous ne disposons pas, à ce jour, d’un document public nous permettant de présenter cet arbitrage comme une décision administrative définitivement acquise. Nous ne l’annonçons donc pas comme telle.
Mais la précision et la concordance des informations recueillies en région Lorraine et Languedoc Roussillon imposent désormais une réponse claire de l’État.
Dans ces conditions, nous vous demandons, Monsieur le Préfet, de bien vouloir nous indiquer si la fin de ce projet très onéreux et voué à l’échec a été acté ?
L’État doit sortir de l’ambiguïté
Il ne s’agit pas de demander l’abandon de la protection du Grand Tétras.
Il s’agit de reconnaître que la protection d’une espèce ne peut se réduire à importer continuellement de nouveaux individus dans un territoire où les causes profondes de sa disparition n’ont pas été suffisamment corrigées.
L’arrêt des captures et des lâchers permettrait de réorienter les moyens vers ce qui aurait dû constituer le préalable de toute opération : la restauration des habitats, la réduction effective des dérangements, la maîtrise de la fréquentation, la préservation des écosystèmes forestiers et la restauration durable de la quiétude.
Il est temps de siffler la fin de partie
Depuis 2024, les mortalités s’accumulent. En 2026, quatre oiseaux sont morts pendant les captures, trois après leur arrivée dans les Vosges, deux balises ont été perdues et aucune reproduction n’a abouti.
On nous avait promis le retour du Grand Tétras.
Nous assistons surtout au retour obstiné des mêmes erreurs.
La France souffre plus que jamais des changements climatiques dont la magnitude et les conséquences n’ont pas été anticipées à leur juste mesure. Dans ce contexte « brûlant » d’atteinte des écosystèmes, l’arrêt de ce programme, qui rappelons le, consiste à aller chercher sous les latitudes nord des oiseaux adaptés au froid pour les relâcher dans des écosystèmes forestiers en surchauffe, serait une preuve de bon sens de la part de l’État.
Communiqué de : SOS Massif des Vosges





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