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Vic-Sur-Seille - Philippe Geluck, 14 Chats géants et un créateur humble.

il y a 43 minutes
6 min de lecture

 À Vic-sur-Seille, en Moselle, Philippe Geluck fait escale avec « Le Chat déambule », une exposition de sculptures monumentales accessible gratuitement dans l’espace public. Derrière le succès de son célèbre félin, l’auteur belge cultive toujours le goût du partage, un humour bienveillant et une simplicité qui semble ne jamais l’avoir quitté.


Philippe Geluck et "Le Chat" à Vic-Sur-Seille


La ville de Vic-Sur Seille envahie par les chats

Depuis le 15 octobre, les visiteurs de Vic-sur-Seille peuvent croiser d’imposants félins au détour d’une place ou d’un espace public. Quatorze sculptures de l’exposition « Le Chat déambule » ont pris leurs quartiers dans cette commune de caractère de quelque 1 300 habitants, offrant un décor inattendu aux habitants comme aux visiteurs de passage. Une nouvelle étape pour cette exposition itinérante qui a déjà séduit de grandes villes, de Paris à Lyon, en passant par Bruxelles, Genève et Brest. Monaco


Le Chat et ses amis omniprésents


Présent lors de l’inauguration, Philippe Geluck n’a pas caché pas son plaisir de voir son personnage quitter les pages des albums pour investir la rue. Chaque sculpture, haute de trois mètres avec le socle et pesant environ 2,5 tonnes, impose sa présence, mais c’est surtout la réaction du public qui a retenu l’attention de son créateur. Les sourires, les regards amusés des enfants et la complicité qui se noue entre les passants donnent tout son sens à cette aventure artistique.

Une exposition du chat, volonté du maire de l'époque

L’installation en Moselle doit beaucoup à Jérôme End, député et ancien maire de Vic-sur-Seille. Séduit par l’exposition lors d’un passage à Guérande, il a pris contact avec l’équipe de l’artiste pour envisager son accueil dans sa commune. Philippe Geluck a été sensible à cet enthousiasme. « Les gens qui manifestent autant d’enthousiasme, évidemment j’y suis sensible. Votre ancien maire avait des paillettes dans les yeux », explique-t-il, résumant en quelques mots une manière de travailler qui privilégie les rencontres et les envies partagées.

Une inauguration en musique et dans la bonne humeur

L’inauguration s’est tenue, en musique grâce à la fanfare Vic n'zik, sur la place Philippe Leroi en présence de Philippe Geluck, son épouse Dany et de sa collaboratrice responsable de l’exposition. Sabrina Hono Wittman, la maire a chaleureusement remercié l’auteur pour cette exposition dans cette petite ville de caractère de 1.300 habitants et salué l’enthousiasme du député Jérôme End qui en tant que maire à l’époque a initié ce projet soutenu par beaucoup de monde. Le sous-préfet Jacques Banderier grand amateur d’art s’est réjoui de cette exposition et a remercié l’artiste de l’honneur fait à Vic Sur Seille en y installant sa magnifique exposition. Le coupé de ruban a symboliquement ouvert les portes de l’exposition qui durera en place pendant cinq mois.


Philippe Geluck en compagnie de Jacques Banderier Sous-préfet et Sabrina Hono Wittman la maire de Vic-Sur-Seille

  Le coupé de ruban avec les édiles

Philippe Geluck en fanfare


Un auteur simple qui aime le contact 

Ce qui a marqué le public présent à cette inauguration est que malgré la notoriété acquise au fil de plus de quatre décennies, Philippe Geluck a conservé une façon spontanée et accessible de parler de son travail. Le succès ne lui a pas fait perdre le goût du contact humain. Devant ses sculptures, il a raconté volontiers les anecdotes à l’origine de son personnage, sans chercher à donner à son parcours une dimension solennelle. Le Chat est né en 1983, mais ses premières apparitions remontent à un moment bien plus personnel : un dessin réalisé pour son mariage, dans lequel il avait représenté son épouse et lui-même sous les traits de félins. Une image un peu osée qui a fait sourire l’assistance lors de son évocation

L’idée lui est venue également de ses souvenirs d’enfance, notamment celui d’un chat particulièrement rond qui peinait à franchir la porte de la cave. Une scène qui l’avait beaucoup amusé et qui témoignait déjà de son goût pour l’observation du quotidien. Chez lui, l’humour semble ainsi naître de détails simples, de situations familières et de petits décalages qui parlent à chacun.


Bain de foule pour l'auteur Belge radieux en compagnie de son épouse Dany


Cette proximité avec le public reste au cœur de sa démarche. Pour l’auteur, faire rire ne relève pas seulement du divertissement. Le rire peut aussi apaiser, susciter une réflexion ou faire apparaître, derrière une plaisanterie, un regard différent sur le monde. Avec « Le Chat déambule », il a souhaité précisément offrir ces moments de légèreté, tout en laissant à chacun la liberté d’y trouver son propre sens.

L’art avec un sourire

L’exposition extérieure s’est prolongée dans l’ancienne salle du tribunal, où dessins et gravures permettront de découvrir une autre facette de son univers. Cette présentation, payante, révèle le dialogue que Philippe Geluck entretient depuis longtemps avec l’histoire de l’art. De grands artistes, comme Léonard de Vinci, deviennent les interlocuteurs imaginaires du Chat, dans des compositions où le respect des œuvres se conjugue avec une irrévérence toujours souriante.


Philippe Geluck facétieux?

Le député Jérôme End et Philippe Geluck


Là encore, l’auteur a préféré le plaisir du jeu aux discours compliqués. Il a imaginé ce qu’auraient pu donner des conversations avec les artistes qu’il admire, convaincu que l’humour aurait pu les réunir. Ses détournements ne cherchent pas à ridiculiser l’art, mais à le rendre plus familier, à créer une porte d’entrée accessible à tous.

Cette volonté de partage se retrouve dans le projet du futur Musée du Chat et de l’art rigolo, annoncé à Ixelles, à Bruxelles, pour 2028. Installé dans l’ancienne manufacture de porcelaine Demeuldre-Coché, le lieu doit dépasser la seule œuvre de Philippe Geluck pour s’ouvrir plus largement au dessin, à la bande dessinée humoristique et aux formes artistiques capables de provoquer un sourire. La vente de ces sculptures monumentales contribue au financement de ce projet

Le rire et l'enthousiasme

À Vic-sur-Seille, Philippe Geluck a semblé surtout heureux de voir son Chat rencontrer un nouveau public. L’artiste a évoqué avec plaisir les réactions des passants et s’est réjoui de l’accueil réservé à ses œuvres, sans perdre de vue ce qui les a fait naître : l’envie de faire rire. Il n’est pas nécessaire de connaître ses albums pour apprécier les sculptures, pas plus qu’il n’est indispensable de maîtriser l’histoire de l’art pour sourire devant ses dessins.

C’est sans doute là que réside une part de son succès : dans cette capacité à rendre l’art accessible sans le simplifier à l’excès, à faire sourire sans exclure et à aborder des sujets parfois sérieux avec légèreté. Un homme qui, malgré la renommée de son personnage, continue de trouver son bonheur dans une réaction spontanée, un regard complice ou un éclat de rire.


Entre les volées d’autographes réalisées pour un public conquis nous avons pu nous entretenir avec l’auteur belge ;

Comment sont fabriquées vos statues ?

J’adore sculpter. Je les façonne en modèle de +- 50 cm. Ensuite elles sont fabriquées, coulées en bronze. Ce sont 45 personnes qui y travaillent. Chaque statue est réalisée en deux exemplaires. Elles font 2 mètres de haut auxquels il faut rajouter le socle d’un mètre. Leur poids en moyenne avoisine 2.5 tonnes. Elles sont mises en vente pour financer le Musée du Chat. Vingt-six d’entre-elles ont trouvé acquéreur

Une préférée parmi toutes celles présentées ?

Difficile de choisir c’est comme demander à un parent de dire quel est son enfant préféré. Mais bon pour le jeu je dirais celle où l’on voit le chat qui a écrasé une voiture . « Un juste retour des choses » en somme. Il y a eu aussi une que j’aimais bien : Le martyre du chat qui a été achetée par la ville de Caen et qui a été faite en hommage à mes amis de Charlie Hebdo.


Le Martyre du Chat acheté par la ville de Caen

"Le Juste retour des choses" et son jeu de mot sur la plaque minéralogique


Que vous a apporté le Chat ?

Bonne question… Il réfléchit. Je dirais trois choses. Un ; la liberté. Celle de pouvoir m’exprimer à travers lui. Deux : le confort. Parce que lorsque j’ai commencé comme jeune comédien, nous n’avions pas de quoi nous chauffer. Pour manger nous prenions un repas pour deux. Donc oui, le Chat m’a apporté le confort. Et de trois l’amour… Il a démarré grâce à un bristol de mariage et m’a aussi apporté l’amour des gens !

Vous vous souvenez de votre premier dessin dans le journal le Soir ?

Et comment c’était tellement simple. Quatre cases du chat avec comme dialogue : Pif pour la première, Paf pour la seconde, Pouf pour la troisième et le chat qui dit dans la quatrième ; « c’est un bon début ». D’ailleurs, plus tard j’ai demandé au directeur du Soir pourquoi il a continué avec moi suite à ce dessin de m… ? Il m’a répondu : ben je me suis dit que cela ne pouvait que s’améliorer (Rires)

À Vic-sur-Seille, le Chat restera visible jusqu’au 7 mars 2027, en accès libre sur les places Philippe-Leroy et Mesny. Une invitation à flâner, à s’arrêter quelques instants et, tout simplement, à sourire.

Le Chat lors de la vesprée à Vic sur Seille

Infos pratiques :

Le Chat déambule et s'expose à Vic-sur-Seille

Vic-sur-Seille — Moselle

À partir du 15 octobre 2026

Exposition extérieure

Sculptures monumentales en bronze du Chat de Philippe Geluck

Deux places majeures de Vic-sur-Seille

Exposition intérieure

Dessins, sérigraphies, sculptures et autres œuvres de Philippe Geluck

Salle du Tribunal — Vic-sur-Seille

Rédaction et photos : Alain Reynders

Photo de la statue "Juste retour des choses" : Pascal Gavoille

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