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Uxegney - Matières, lumières et mondes imaginaires les week-ends du 09 au 31 mai

À quelques minutes d’Épinal, une ancienne filature réinventée en écrin artistique s’apprête à nouveau, à vibrer au rythme de la création contemporaine. Les week-ends du 9 au 31 mai, de 14h à 18h30, L’Usine d’Uxegney ouvre grand ses portes pour une exposition singulière, à la croisée des matières, de la lumière et de l’imaginaire.


Matières, lumières et mondes imaginaires

Ici, rien n’est figé. Les œuvres dialoguent, se répondent, s’effleurent presque. Plus qu’une exposition, c’est une traversée sensible qui s’offre au visiteur, une déambulation où chaque regard devient une escale, chaque pas une découverte. Trois artistes, trois écritures, trois manières d’habiter le monde et de le réinventer.

Tisser, capter, enchanter

Avec Jean Duntz, la matière devient mémoire. Ses textiles, patiemment collectés aux quatre coins du monde — soieries, bogolans, kilims — murmurent des histoires anciennes. Entre ses mains, ils se transforment, se recomposent, renaissent. Ses créations, à la frontière du costume et de la sculpture, semblent animées d’un souffle discret. Dans la série VODOODOO, des figures hybrides surgissent, troublantes et poétiques, comme des présences venues d’un ailleurs intime, interrogeant identité et transmission.



À quelques pas, l’objectif de Robert Hechinger capte l’instant avec une délicatesse presque méditative. La lumière y devient langage. Dans ses portraits comme dans ses scènes urbaines, il ne cherche pas à impressionner, mais à révéler. Un visage, une ombre, une ligne suffisent à dire l’essentiel. Ses images invitent à ralentir, à regarder autrement ce qui, d’ordinaire, nous échappe.


Puis vient l’univers foisonnant de Brucero, où l’imaginaire s’épanouit sans retenue. Héritier des grands conteurs visuels, nourri de mythes celtiques et d’influences allant d’Gustave Doré à Alan Lee, il déploie des mondes peuplés de créatures fantastiques et de paysages enchantés. Chaque œuvre est une porte entrouverte vers un ailleurs, un territoire où la nature palpite et où les légendes reprennent vie.


Un lieu, une respiration

Portée par l’association Grand Angle Épinal, cette exposition s’inscrit dans une volonté de rendre l’art accessible, vivant, partagé. Depuis 2019, l’association insuffle une dynamique culturelle généreuse, où la rencontre avec les artistes devient un moment privilégié.

Et quel écrin que cette Usine d’Uxegney. Entre murs bruts et volumes spectaculaires, la Salle des Arcades et la Centrale offrent aux œuvres un souffle particulier. La lumière y glisse différemment, les matières y résonnent autrement. On ne se contente pas de regarder : on ressent, on s’immerge, on s’abandonne.

Une invitation à franchir le seuil

Le vernissage, prévu le vendredi 8 mai à 18h30 en présence des artistes, donnera le ton de cette rencontre sensible. L’entrée est libre, ouverte à tous, curieux comme passionnés.

Franchir les portes de l’Usine, c’est accepter de suspendre le temps. C’est entrer dans un dialogue silencieux entre textile, image et imaginaire. C’est, peut-être, redécouvrir que l’art, dans sa forme la plus simple et la plus profonde, est une invitation à ressentir le monde autrement.

Rédaction : Alain Reynders

Photos : Grand Angle association

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