Gérardmer – Clap de fin en apothéose avec « Le Torrent » pour les "Rencontres du Cinéma"

Les organisateurs des "24èmes Rencontres du Cinéma de Gérardmer" ont eu le nez creux en programmant le film « le Torrent » d’Anne Le Ny, en fin d’évènement.

Anne Le Ny une réalisatrice heureuse de retrouver un "Gérardmer vivant" (Photo Alain Reynders)

Un film présentant les Vosges en décor naturel

Ce long-métrage, tourné entièrement dans les Vosges et pour la plupart du temps, à Gérardmer, a fait salle comble. De nombreux professionnels, des responsables politiques, Stessy Speissmann maire de la ville, en tête, des figurants du film, toute la presse, avaient fait le déplacement pour découvrir cette projection où l‘on a retrouvé Anne Le Ny à la réalisation, mais aussi jouant un rôle primordial de l’histoire.

La nature comme décor naturel (Photo Alain Reynders)


Le film a débuté par la remontée (à l’aide d’un drone) d’un magnifique torrent, lieu tellement évocateur des Vosges. Le ton est donné.

L’histoire :

Lors d’une violente dispute de couple entre Alexandre et sa femme Juliette, celle-ci fait une chute accidentelle dans un ravin et est tuée sur le coup. Un violent orage pendant la nuit qui suit l’accident provoque une coulée de boue qui recouvre le corps sans vie de Juliette et l’entraîne au loin. Alexandre pense se rendre à la police pour expliquer le caractère accidentel de la mort de Juliette, avant de se raviser. Sa fille Lison décide de l'aider à prouver son innocence aux policiers. L’événement est pour elle l’occasion de se rapprocher de son père qui s’était depuis toujours montré distant.

« Le Torrent » est classé dans la catégorie « Thriller-drame ».

La présentation à la salle Casino JOA à Gérardmer (Photo Alain Reynders)

Une distribution magistrale

Ce drame, interprété magistralement par José Garcia et André Dussolier, Ophélia Kolb a aussi pu compter sur des pépites au niveau des autres comédiens. Les rôles tenus par les deux enfants du couple, à savoir Zéphyr et Capucine Valmary sont joués avec un naturel déconcertant par ces jeunes révélations.

Capucine Valmary, Anne Le Ny et Meimona Soumaré entre deux scènes en 2020 à Gérardmer (Photo Eric Thiébaut)


Capucine, interprétant « Lison », en devient même, en avançant dans le scénario, le personnage charnière autour duquel, finalement tout s’articule. Prise au piège par le monde des adultes où la manipulation est omniprésente ; déchirée entre la vérité qui la torture et le mensonge qui protège, encore un peu, la cellule familiale, Lison va s’imposer dans le jeu de ce drame.

Et puis n’oublions pas, Anne Le Ny, elle-même, redoutable interprète de ce capitaine de gendarmerie. Humaine et fine enquêtrice, elle va arriver à tirer chaque fil de réponse avec une habilité toute féminine. Cette actrice à la filmographie impressionnante, débutée en 1996, a été pour ceux qui s’en souviendront cette géniale Yvonne, la gouvernante, dans le film « Intouchables » avec Omar Sy et François Cluzet ou comme la réalisatrice du film « Ceux qui restent » (2007) nominé aux Césars.


La réalisatrice et comédienne Anne Le Ny

Un tournage long en période Covid

Du 16 novembre au décembre 2020, l’équipe du film a déposé ses valises à Gérardmer pour monter la production. Quarante jours de tournage dans, finalement, une relative solitude. Hormis l’équipe et les figurants, les rues sont restées désertes et les commerces clos, pour la plupart. De nombreux plans ont été tournés dans les régions de Gérardmer, la Bresse et Le Valtin.

Anne Le Ny a été acclamée par une salle comble (Photo Alain Reynders)

Les Vosges en acteur silencieux

Durant toute la diffusion, le territoire est présent et marque de son empreinte l’ambiance du film. La météo capricieuse de nos régions n’a pas épargné la réalisatrice, mais a, de cette façon, démontré le panel de beautés que nos reliefs peuvent dévoiler à chaque soubresaut météorologique : tantôt magique de beauté, tantôt envoûtant et parfois angoissant et surtout omnipotent dans le rythme de vie vosgien.

Lorsqu’après la séance un spectateur a demandé pourquoi les Vosges et pas les Pyrénées par exemple ? La réalisatrice a répondu : "Parce que ce territoire n’est pas souvent parcouru cinématographiquement alors qu’il recèle tant de beautés naturelles cachées. L’autre raison, moins poétique est aussi parce que la région « Grand Est », est connue pour son aide financière envers le septième art".

Gérardmer et sa nature toujours plus belle (Photos Alain Reynders)


Anne Le Ny aux manettes de cette œuvre

Le film terminé sous les applaudissements, la réalisatrice a répondu, pendant près d’une demi-heure, à toutes les questions du public, avec humour, simplicité et transparence. Pour toute la salle, ce fut un excellent moment.

Un « torrent d’émotions ».

La réalisatrice, également auteure du scénario, a réussi à jouer avec les émotions du public, servie en cela par un jeu d‘acteur exceptionnel de ses comédiens. La relation père-fille, mise à mal par une situation unique, a chamboulé les émotions de beaucoup. Que ce soit entre Alexandre (José Garcia) et Lison (Capucine) confrontés au secret et au maintien d’un lourd mensonge ou la peine du personnage interprété par André Dussolier, de la perte de sa fille Juliette (Ophélia Kolb), le spectateur est ballotté et ses sentiments chahutés à chaque minute.

« J’ai adoré le film qui est touchant, mais qui comporte quelques scènes amusantes bien que ce soit un drame. Et puis que nos Vosges sont belles. C’est vraiment bien filmé et Anne Le Ny est adorable » a précisé Ginette Jeandel venue de la région de Plombières.

Une rencontre en « off » avec Anne Le Ny

Après la séance et l’échange avec le public, l’organisation avait prévu un dîner pour la presse au « Grand Hôtel » de Gérardmer, en compagnie d’Anne Le Ny ainsi que de Yaël Giovanna Lévy, la co-scénariste du film d’animation « Ma famille afghane ». Nous avons pu échanger longuement avec elles.

Anne Le Ny en compagnie de Gillez Gosserez (Lumières en Art)


Pendant près de deux heures, en comité restreint et en compagnie de Gilles Gosserez (Lumières en Arts) et de Bernard Visse (Lumières en arts et créateur des Imaginales d’Épinal), nous avons pu échanger avec une Anne Le Ny très prolixe et simple. Nous avons ainsi récolté quelques anecdotes de tournage parmi lesquelles :

- Les premiers plans tournés n’ont pas été forcément les premiers à apparaître à l’écran. La météo capricieuse a sournoisement amené de la neige et donc posé des soucis pour raccorder d’autres plans à venir où celle-ci n’apparaîtrait plus

- Le caviste où travaille un des personnages aurait dû être, à la base, un magasin de vente de poêles et cheminées. Hélas, ceux-ci se trouvant dans des zones d’artisanat, il a fallu trouver une autre solution. Le caviste qui présentait un superbe magasin bien achalandé, a donc été retenu.

- Le jeune Zéphyr, connaissait tout le scénario par cœur, en ce compris les scènes des autres comédiens.

- Pour filmer les premières images qui s’ouvrent sur la remontée du torrent, il a été nécessaire de recourir à l’utilisation d’un drone. Sa réalisation a été compliquée à réaliser techniquement, d’autant plus,que la scène a dû être filmée en une seule prise. Bravo au pilote du drone pour sa grande dextérité

- Le film a été tourné en période de confinement covid, ce qui signifie que tout était fermé à Gérardmer ce qui a compliqué les choses au niveau logistique.

- Le coût de cette production avoisine les 4 millions d’euros.

- Certaines scènes ont été éprouvantes pour les organismes. Par exemple, celle de l’enterrement au cimetière du Valtin s’est déroulée par un froid polaire. Cette « mise en boîte » a nécessité une journée de tournage dans ce climat difficile à gérer. "Les figurants de cette journée ont été bien courageux" de l'aveu d'Anne Le Ny.

- Pour simuler l’éboulement, la coulée de boue, plusieurs tonnes de terre et gravats ont été acheminées par les services techniques municipaux et ensuite retirées, tout cela dans un timing serré.


Alain Reynders et Yaël Giovanna Lévy co-scénariste de "Ma famille afghane" (Photo Gillez Gosserez)


Alain Reynders et Anne Le Ny lors du dîner de clôture


Et il y a eu encore d’autres échanges, ponctués de rires et de jeux de mots. La soirée s’est terminée lorsque la nuit avait déjà entamé son nouveau cycle d’après-minuit.

Sortie en salle, dans quelques mois

« Le Torrent » sortira en salle le 05 octobre 2022. Une date à noter dès à présent, tant ce film vaut le détour. Avec ce dernier bon moment, les 24 èmes rencontres du cinéma de Gérardmer a donné "le clap de fin" sur une édition que les cinéphiles ont apparemment beaucoup apprécié.

Alain Reynders

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