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Remiremont - Les rituels du deuil d’une religion à l’autre.

Dernièrement, une quarantaine de participants ont assisté à une réunion d’information fort intéressante sur les rituels du deuil d’une religion à l’autre, dans la salle de la communauté protestante de la rue des Capucins à Remiremont.


De gauche à droite Paul Thomas pour les catholiques, Léon Sobéoni pour les juifs et Valérie Mitrani pour les protestants (Photo Jean-Claude Bigorne)

Les rituels du deuil en trois phases

Initialement programmée au Temple, la réunion d’étude relative aux différences entre les rituels du deuil de nos religions monothéistes s’est finalement déroulée dans la salle de la communauté protestante de la rue des Capucins à Remiremont. Organisée par le Groupe Interreligieux, la réunion a assurément rencontré un bon succès avec pas moins de 40 participants. Les intervenants se sont succédé pour expliquer la pratique des rituels du deuil religion par religion : Léon Sibéoni représentant la Communauté juive, l’abbé Paul Thomas pour les catholiques, Valérie Mitrani, pasteur, pour les protestants et le Dr Mabrouck Bengrina pour les musulmans. Précisons que ce dernier, a préféré participer à la réunion en visioconférence pour raison sanitaire. L’animation de la réunion est revenue à Jean-Paul Hingray. Nous distinguerons trois phases dans ce qui englobe le rituel du deuil : le passage entre la vie et la mort, la cérémonie des obsèques et la période du deuil pour les proches du défunt.

Le passage de vie à trépas.

Mis à part les cas de décès dramatiques tels que : morts subites, accidentelles ou les suicides, généralement la fin de vie se vit dans la maladie. Au nom de la Communauté juive, Léon Sibéoni a expliqué : « Les règles relatives à l’agonisant : accompagner un mourant, un devoir sacré de ne pas le laisser seul au moment de rendre l’âme. Quand la personne est sur le point d’expirer, on prononce la profession de foi du judaïsme « écoute Israël, l’Éternel est notre D, L’Éternel est un ». « On lui ferme les yeux… Le défunt dans l’agonie de la mort a pu constater la gloire divine et il ne doit plus rien voir de ce monde ». Au nom des catholiques, l’abbé Paul Thomas a expliqué que la préparation du passage de la vie à la mort revêtait une grande importance. C’est un temps fort, tant pour le mourant que pour ses proches. Le sacrement des malades (l’extrême-onction) est bien souvent souhaité par le malade croyant et son entourage. Durant les deux années passées de crise sanitaire, combien de drames ont été vécus par bon nombre de familles, les obsèques ayant été réduites au strict minimum, voire même impossibles.

La cérémonie des obsèques et le temps du deuil.

L'assistance (Photo Jean-Claude Bigorne)


Après la mort, pour les Juifs, a expliqué Léon Sibéoni : « On recouvre immédiatement le corps d’un drap pour le soustraire aux regards. La toilette doit être complète pour éliminer toutes impuretés et souillures ; on asperge d’eau, lavage au savon, on coupe les ongles, on nettoie même les intestins. Le défunt doit être propre et pur, puisqu’il va se présenter devant son Roi. Le mort est traité avec le plus grand respect, pas de paroles qui ne se rapportent pas au défunt. On revêt ensuite le mort de vêtements faits de toile ou de lin blanc, sans nœud, l’âme étant désormais dénouée de la vie terrestre. Le mort est ensuite enroulé dans un linceul. Expression de la foi dans la résurrection. Jusqu’à l’inhumation, le mort est veillé par la famille, on lit des psaumes ; la présence d’une bougie symbolise l’immortalité de l’âme ». L’abbé Paul Thomas est revenu sur les obsèques chez les catholiques avec le temps de la préparation (chants, nécrologie,...). Durant la cérémonie proprement dite, plusieurs rites se succèdent : celui de la lumière (bougies sur le cercueil), celui de l’encens et celui de l’eau bénite. Pour les protestants, la cérémonie du deuil peut se dérouler sans le corps.

Trois temps forts sont respectés :

- la reconnaissance (de ce qui a été reçu et de ce qui n'a pas été vécu et qu'on dépose

devant Dieu).

- la compassion : Dieu pleure avec nous et partage la douleur des endeuillés

- l’espérance de la « résurrection » permettant d’accepter la mort.


Le docteur Mabrouck Bengrina (Photo Jean-Claude Bigorne)


Mabrouck Bengrina a précisé, de son côté, au nom des musulmans : « Le rituel du “talkine “ qui consiste à accompagner l’agonisant à la prononciation de la “chahada “ ou profession de foi musulmane.

La cérémonie à la mosquée n’est pas obligatoire et elle est peu pratiquée.

Le cérémonial s’organise autour d’un imam. Un point de similitude avec le judaïsme est la rapidité de l’enterrement : “ le fait d’enterrer vite le défunt, c’est lui faire honneur “. Il y a beaucoup de rites spécifiques à la religion musulmane, notamment le délai d’inhumation, le lavage rituel (3 fois minimum), le cortège funèbre, les funérailles, les devoirs de l’Islam, et les derniers honneurs par l’intermédiaire des prières. Le défunt musulman est enterré à même la terre avec seulement une pierre tombale. Le deuil en Islam est de 3 jours même si les condoléances peuvent être présentées au-delà de ce délai. Chez les musulmans, la crémation est interdite. Le corps doit être entier en vue de la résurrection des corps. Depuis longtemps, la crémation est acceptée chez les protestants et depuis quelque temps chez les catholiques.

Les échanges entre les intervenants des trois religions représentées et les participants n’ont pas manqué. De l’avis de tous, une réunion riche en enseignements. Merci aux membres du Groupe Interreligieux pour avoir organisé cette soirée.

J.C Bigorne

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