Remiremont - Bientôt une évocation romarimontaine au Danemark.

Un rendez-vous un peu particulier a été fixé ce jeudi 21 avril, dès potron-minet, au musée Charles de la Bruyère à Remiremont. L’enlèvement d’une œuvre d’art dans le cadre d’un prêt en a été la raison. Il s’agit d’un tableau de François Louis Français appelé « Les peintres au bord du Ru des Vaux-de-Cernay » une peinture sur huile réalisée en 1870.

( Photo Alain Reynders)

Qui est François Louis Français, peintre de Plombières ?

Il a été l’élève de Jean Gigoux (peintre réputé de Besançon) et a étudié la gravure sur bois et la lithographie. En 1834 il découvre Barbizon le village des peintres et rencontre Camille Corot (peintre parisien) en 1836. Pendant 10 ans le maître et l’élève ne feront qu’un. Lefrançois a exposé au salon de 1836 à 1896 et y reçut quantités de médailles.

Portrait de François Louis Français réalisé par Carolus Duran


En 1846, il a entrepris un voyage de 3 mois pour Rome. Au final, il y est resté 3 ans séduit par la ville antique et y est retourné à 5 reprises. Il a été reconnu pour effectuer des copies de Grands maîtres, de qualité exceptionnelle. Parmi ses admirateurs, il a compté les frères Hartmann qui lui ont acheté nombres de ses toiles. Revers de la médaille, une grande partie de sa collection étant maintenue entre les mains de ces amateurs d’art, sa notoriété en tant que peintre d’exception a eu du mal à prendre de l’ampleur.

En 1860, sur invitation de son ami Jean Achar, il a découvert Cernay (Haut Rhin) et y est revenu l’été jusqu’en 1885. Grâce à cette découverte, on lui doit cette œuvre exceptionnelle, incontournable, qui est souvent l’objet de demandes pour des évènements artistiques.

Une œuvre incontournable souvent sollicitée

Le tableau impressionniste « Les peintres au bord du Ru des Vaux-de-Cernay » de François-Louis FRANÇAIS, a été acquis par le musée romarimontain il y a plus de 30 ans (1993). C'est une huile sur toile d'une dimension de 41 x 56 cm.Ce tableau a comme particularité d’être une des premières peintures peintes en « plein air » et où l’artiste a représenté des autres peintres à l’œuvre à cet endroit qu’il affectionnait tout particulièrement.


L'endroit apprécié par le peintre de Plombières, à Cernay

L’œuvre reprenant les peintres en cous de création


Selon les spécialistes, on a réussi à identifier les peintres représentés. Il s’agirait de Léon Germain Pelouse (peintre, chef de file de plusieurs peintres de la deuxième moitié du XIXe siècle regroupés postérieurement sous l’appellation d’École de Cernay) assis au chevalet et debout derrière l'artiste à l’ouvrage, ce serait son ami Jean Achard.

Un prêt pour une exposition au Danemark.

Dans ce cas précis, le tableau a été prêté dans le cadre de l’exposition « Krøyer et Paris » au musée de Skagen au Danemark. Cet évènement se concentre autour d’un peintre norvégien et ses liens avec Paris et notamment Pierre-Louis Lefrançais.

Dans un premier temps l’œuvre est dirigée vers les entrepôts de la firme au Bourget avant de partir vers sa destination scandinave. Elle fera l’objet d’une exposition qui se tiendra jusqu’au 18 septembre. Dès celle-ci terminée, la toile repartira pour un autre galerie à Rambouillet avant, d’enfin, être de retour au musée romarimontain.

Des déplacements sécurisés

Comme l’explique le directeur du musée, c’est une démarche assez habituelle entre musées ou professionnels d’art que de prêter des œuvres dans le cadre d’expositions ou évènements particuliers.

(Photo Alain Reynders)

Toutefois, même si cette opération est assez « courante », il n’en reste pas moins que différentes précautions ont été prises au préalable et notamment au niveau du transport.

« Bien entendu, les œuvres ne sont prêtées que si l’accueillant répond à une charte bien précise en exigences, qu’elles concernent la sécurité, les conditions d’hébergement de l’œuvre, son transport et autres. Sans l’engagement du respect de celles-ci, l’opération ne peut avoir lieu. Il y a quelques jours, nous avons récupéré, par exemple, deux portraits d’abbesses prêtés dans un musée au Pays-Bas. Ce type de prêt est courant et sans conditions financières. C’est vraiment la notion de prêt qui prévaut » a précisé Aurélien Vacheret , le directeur du musée.

(Photo Alain Reynders)


Les manutentionnaires de la société de transport ont pris toutes les précautions nécessaires pour le déplacement du cadre. Une caisse, spécifique, protégée et calfeutrée a été l’écrin de la peinture de Lefrançais sous l’œil attentif du directeur du musée.

« Je suis attentif, mais je sais qu’elle est entre de bonnes mains. La société "Chenue" est spécialisée dans le transport d’œuvre d’art et existe depuis 1.760. C’est une référence en ce domaine. Mais bon, malgré tout, c’est une petite partie de notre patrimoine qui s’en va pour quelques mois… » a-t-il précisé.

« Mais malgré tout c’est une fierté pour nous, que ce soit le musée, mais aussi la ville de Remiremont. Partout où les tableaux du musée ont été exposés, ils ont laissé une trace de Remiremont et c’est gratifiant » a-t-il surenchéri.

(Photo Alain Reynders)

(Photo Alain Reynders)


C’est donc avec toutes les attentions requises que cette œuvre a quitté son écrin.

Le tableau a été déposé délicatement dans une caisse fabriquée sur mesure, capitonnée et close sur place. Ensuite, il a été chargé dans ce véhicule pourvu d’un système limitant les chocs et inconfort de la route, où l’hygrométrie est contrôlée et dont le caisson est climatisé. Toutes des précautions utiles à la bonne conservation de l’œuvre.


(Photo Alain Reynders)


Précautionneusement, discrètement, le camion a quitté la cité des abbesses et a gagné la nationale pour une nouvelle aventure.

Alain Reynders

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